UE-Les 27 au chevet d'une Union de "défiances" et "d'espoirs"

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    * Un sommet sans la GB pour une impulsion au projet européen 
    * une feuille de route à mettre en oeuvre d'ici mars 2017 
    * Les divergences sur l'immigration resurgissent 
 
 (Actualisé avec fin du sommet) 
    par Elizabeth Pineau 
    BRATISLAVA, 16 septembre (Reuters) - Réunis sans les 
Britanniques vendredi à Bratislava, les dirigeants de l'Union 
européenne ont tenté de donner une impulsion nouvelle à l'Europe 
"post-Brexit" par des projets concrets, sans parvenir à rassurer 
vraiment sur leur unité à 27.  
    Les chefs d'Etat et de gouvernement ont abordé tous les 
sujets, y compris des plus délicats comme la défense et 
l'immigration, lors de cette journée de travail conclue par une 
conférence de presse commune entre François Hollande et Angela 
Merkel.   
    "Nous devons avoir un agenda, un plan de travail, une 
feuille de route pour que d'ici le 60e anniversaire du traité de 
Rome [en mars 2017-NDLR], nous ayons traité un certain nombre de 
problèmes", a déclaré la chancelière allemande, évoquant "un pas 
sur une route qui sera longue". 
    Plusieurs conseils européens sont prévus d'ici le printemps, 
ainsi qu'une nouvelle réunion à 27, à Malte, en février.   
    "L'esprit qui était le nôtre était de prendre conscience des 
défiances que l'Europe peut susciter et en même temps des 
espoirs qu'elle doit donner", a déclaré François Hollande à 
propos d'une Union "qui peut avancer, qui doit avancer dès lors 
qu'elle a des priorités claires et que ces priorités 
correspondent à l'attente des Européens".      
     
    RENZI MÉCONTENT DES CONCLUSIONS 
    L'unité franco-allemande affichée n'a pas empêché des voix 
discordantes de se faire entendre dès la fin de la journée.  
    A commencer par celle du président du Conseil italien, 
Matteo Renzi, qui s'est dit mécontent des conclusions du sommet 
européen sur la croissance et l'immigration.   
     Le dirigeant italien a ajouté avoir refusé, en conséquence, 
de participer à la conférence de presse avec François Hollande 
et Angela Merkel.  
    Selon des sources diplomatiques, un tel rendez-vous à trois 
- tels qu'ils ont eu lieu ces dernières semaines - n'a jamais 
été envisagé à Bratislava.  
    Le délicat dossier de l'immigration a inspiré des propos 
sévères au Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui a 
qualifié le comportement de l'Union européenne en la matière de 
"naïf et autodestructeur". 
    Devant la presse, François Hollande a jugé que l'UE devait 
"renforcer encore les frontières extérieures", tandis qu'Angela 
Merkel durcissait son discours en parlant de "stopper 
l'immigration irrégulière" et de combattre les "causes 
profondes" de migrations qui déstabilisent l'Europe. 
  
    Parmi les projets concrets appelés à être mis en oeuvre dans 
les mois qui viennent figurent le quasi-doublement du plan 
d'investissement initié en 2014 par le président de la 
Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour relancer la 
croissance.   
     
    LA 5G PARTOUT EN EUROPE  
    Autre idée sur la table : téléphoner partout dans l'Union 
sans surcharge tarifaire, installer des accès à internet sans 
fil gratuits dans la plupart des villes et villages du 
continent, et déployer la 5G.     
    A ces initiatives doit s'ajouter une réflexion sur des 
sujets longtemps reportés, notamment l'ébauche d'une défense 
européenne, à l'heure où la menace terroriste et la crise des 
réfugiés rend impérative la surveillance des frontières de l'UE. 
    François Hollande a insisté sur ce "défi" à relever. 
    "La France fait l'effort principal pour la défense 
européenne mais elle ne peut pas être seule, elle ne veut pas 
être seule", a-t-il dit dès son arrivée à Bratislava.  
    "Que chacun sache bien : si les Etats-Unis font un choix de 
s'éloigner, l'Europe doit être capable de se défendre par 
elle-même", a-t-il ajouté, à quelques semaines de l'élection 
présidentielle américaine du 8 novembre.  
    Pour les Européens, les mois qui viennent appellent aussi la 
concrétisation de la décision britannique historique, prise en 
juin par référendum, de quitter l'Union. 
    "Nous souhaitons entretenir avec le Royaume-Uni des 
relations à la fois très bonnes et très proches. En même temps, 
il n'est pas possible de laisser ces négociations nuire à nos 
intérêts", a souligné Jean-Claude Juncker.  
    Une fermeté partagée par le président du Conseil européen, 
Donald Tusk.  
    "Il est absolument clair que nos procédures, nos règlements, 
tels qu'ils sont définis très précisément dans nos traités, sont 
destinés à protéger nos intérêts, ceux des 27, pas du pays qui 
s'en va", a-t-il souligné.  
    La plupart des dirigeants et des pays européens, dont la 
France, souhaitent que la sortie du royaume de l'UE soit 
effective d'ici les élections européennes de 2019.  
 
 (Avec Tatiana Jancarikova, Jason Hovet, Alastair Macdonald, 
Noah Barkin, Andreas Rinke, édité par Simon Carraud) 
 
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