UE-Le Danemark veut plus d'équilibre dans les décisions

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    COPENHAGUE, 4 décembre (Reuters) - Le Premier ministre 
danois Lars Lokke Rasmussen a appelé vendredi l'Union européenne 
à trouver un nouvel équilibre entre les décisions prises à 
Bruxelles et celles adoptées par les Etats membres, au lendemain 
du référendum par lequel les Danois ont rejeté plusieurs règles 
européennes en matière de lutte contre la criminalité 
transfrontalière. 
    Tout comme les Britanniques et les Irlandais, les Danois 
bénéficient depuis les années 1990 au sein de l'UE de certaines 
exemptions, notamment dans les domaines de la justice et de la 
sécurité intérieure. 
    "L'UE doit être forte là où cela peut vraiment faire une 
différence et être plus discrète dans des domaines où les Etats 
membres peuvent faire plus en tant que pays indépendants", a 
déclaré Lars Lokke Rasmussen à des journalistes, invoquant le 
principe de subsidiarité. 
    Le président de la Commission européenne, Jean-Claude 
Juncker, rencontrera Rasmussen la semaine prochaine à Bruxelles 
pour examiner les conséquences du référendum de jeudi. 
    "Nous prenons note du résultat du référendum danois. Il 
signifie que le Danemark conserve son statut actuel en ce qui 
concerne la justice et les affaires intérieures, comme prévu par 
le traité de l'UE", a déclaré Margaritis Schinas, porte-parole 
de la Commission, lors d'un point de presse. 
    "Le président de la Commission (Jean-Claude) Juncker a parlé 
au téléphone hier soir avec le Premier ministre danois et tous 
deux sont convenus de se rencontrer la semaine prochaine à 
Bruxelles pour voir ce qu'il convient de faire", a-t-il ajouté. 
    Par 53,1% des voix, les Danois ont rejeté 22 règles 
européennes sur la lutte contre la criminalité transfrontalière, 
infligeant un nouveau revers à une Union confrontée au 
scepticisme d'une partie de sa population quant à sa capacité à 
assurer prospérité et sécurité. 
    La participation à ce référendum a été de 72%, supérieure à 
ce que prédisaient les instituts de sondage. 
    Au cours de la campagne, les partisans du "oui", les grands 
partis traditionnels, ont peiné à convaincre les électeurs à 
l'aide d'arguments techniques qui se sont heurtés au message 
simple martelé par le Dansk Folkeparti (Parti populaire danois, 
DF).  
    Selon ce dernier, partisan du "non", le Danemark ne devrait 
jamais renoncer à ses exemptions arrachées dans les années 1990 
ni abandonner sa souveraineté dans le domaine de la sécurité aux 
"eurocrates" de Bruxelles, plus encore depuis les attentats du 
13 novembre à Paris.  ID:nL8N13S5BM  
 
 (Ole Mikkelsen, Alexandre Tange et Erik Matzen avec Jan 
Strupczewski et Alastair Macdonald à Bruxelles; Bertrand Boucey 
et Guy Kerivel pour le service français) 
 
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