UE/Le commissaire britannique ne veut pas faire de la figuration

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    STRASBOURG, 12 septembre (Reuters) - Le candidat de Londres 
au poste de nouveau représentant du Royaume-Uni au sein de la 
Commission européenne, jusqu'à sa sortie de l'Union européenne, 
s'est efforcé, lundi à Strasbourg, de convaincre qu'il ne serait 
pas qu'un commissaire de transition. 
    Auditionné par les eurodéputés de la commission des Libertés 
civiles, de la Justice et des Affaires intérieures, Julian King, 
diplomate de 52 ans, s'est prévalu de son parcours au sein des 
institutions européennes mais aussi de pays exposés au 
terrorisme comme l'Irlande du Nord et la France, pour 
revendiquer sa compétence en tant que futur commissaire à 
l'Union de la sécurité. 
    "Je pense que je peux avoir une réelle valeur ajoutée dans 
un domaine qui est prioritaire pour nos citoyens", a assuré 
l'actuel ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris, dans une 
déclaration liminaire en français. 
    Face à la perspective d'une sortie de son pays de l'Union 
européenne, voulue par 52% des électeurs britanniques, il s'est 
défendu de toute ambiguïté. 
    "Je suis fier d'être britannique, je suis fier d'être 
européen et je n'y vois aucune contradiction", a-t-il assuré en 
rappelant avoir défendu la position de son gouvernement, celle 
du maintien au sein de l'UE, durant la campagne référendaire. 
    Il a invité les eurodéputés à respecter le choix de ses 
concitoyens tout en s'engageant, s'il était confirmé, à "servir 
l'intérêt général européen et seulement l'intérêt général 
européen". 
     
    VOTE DU PARLEMENT JEUDI 
    "Je ne suis pas là en tant que représentant du gouvernement 
britannique", a-t-il répondu à plusieurs questions relatives au 
"Brexit". 
    Julian King a été désigné par l'ex-Premier ministre David 
Cameron pour remplacer Jonathan Hill, commissaire chargé des 
services financiers démissionnaire après le référendum du 23 
juin. 
    Interrogé sur le terrain technique d'un nouveau portefeuille 
qui inclut la lutte contre le terrorisme et le crime organisé 
ainsi que le renforcement du renseignement entre les Etats, 
Julian King a su, en diplomate, ménager les différentes 
sensibilités. 
    "Les Etats membres ne peuvent pas tout faire", a-t-il 
répondu à un député démocrate-chrétien inquiet de "l'approche 
intergouvernementale systématique" sur les questions de 
sécurité. A contrario, il a assuré en réponse à un souverainiste 
que, si beaucoup restait à faire au niveau communautaire, 
c'était "dans le cadre des traités". 
    Julian King a enfin assuré les élus de l'absence de conflit 
d'intérêts entre son domaine de compétences et son appartenance 
à un pays en passe de larguer les amarres. 
    "Lorsque le gouvernement britannique aura fait ce qu'il a 
dit qu'il ferait, à savoir respecter les résultats du 
référendum, Londres continuera d'être à deux heures de train de 
Paris, à deux heures de train de Bruxelles et les djihadistes, 
vous savez, ne font guère de distinction entre Bruxelles, Paris 
et Londres". 
    Les eurodéputés devraient voter jeudi sur la nomination du 
nouveau commissaire. 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Eric Faye) 
 
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