UE-Le commissaire britannique Hill reconvoqué par le Parlement

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BRUXELLES, 1er octobre (Reuters) - Le Britannique Jonathan Hill, désigné commissaire européen à la Stabilité financière, aux services financiers et à l'union des marchés de capitaux, a été reconvoqué la semaine prochaine par une commission du Parlement européen après son audition de mercredi jugée insatisfaisante, rapportent des élus. Cette nouvelle audition aura sans doute lieu lundi ou mardi, ont précisé les eurodéputés, issus du Parti conservateur britannique et des Verts, qui siègent dans cette commission. De nombreux parlementaires, notamment à gauche, avaient déjà exprimé des doutes quant aux capacités de Jonathan Hill à réguler des marchés financiers où il a lui-même exercé en tant que lobbyiste. L'intéressé a assuré qu'il ne serait pas un émissaire de la City et a promis d'agir dans l'intérêt de l'Union européenne. Philippe Lamberts, président du groupe écologiste au Parlement européen, a jugé avant son audition qu'il s'agissait du plus mauvais choix de Jean-Claude Juncker, futur président de la Commission, et a proposé que d'autres attributions moins sensibles lui soient confiées, tout comme à Pierre Moscovici, dont la candidature est selon lui ternie par les dérapages budgétaires de Paris. L'ancien ministre français de l'Economie, nommé aux Affaires économiques et financières, à la fiscalité et aux douanes, sera entendu jeudi. L'Espagnol Miguel Arias Canete, nommé à l'Energie et au changement climatique, a lui aussi fait l'objet de vives critiques de la part de la gauche et des écologistes, qui lui reprochent ses liens avec l'industrie pétrolière. STRUCTURE L'ancien ministre espagnol de l'Agriculture, issu des rangs conservateurs, a assuré avoir vendu toute les parts qu'il détenait dans deux compagnies pétrolières après avoir appris sa nomination. Il a par ailleurs indiqué que son fils avait démissionné de leurs conseils d'administration et a présenté ses excuses pour des propos jugés sexistes tenus lors de la campagne pour les européennes. Le Hongrois Tibor Navracsics, chargé de l'Education, de la culture et de la citoyenneté, a quant à lui dû s'employer face à des eurodéputés inquiets du bilan de son parti, le Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Orban, en matière d'Etat de droit. Les députés européens n'ont pas juridiquement la possibilité de rejeter individuellement un candidat, mais ils peuvent refuser le 22 octobre prochain d'accorder l'investiture à la Commission tout entière et des avis négatifs lors des auditions ont déjà entraîné le retrait de plusieurs commissaires, comme l'Italien Rocco Buttiglione en 2004, écarté de la commission Barroso après avoir jugé que l'homosexualité était un péché. Outre les cas personnels, la structure de la commission Juncker, avec sept vice-présidences transversales pilotant et coordonnant le travail de plusieurs commissaires "dans un esprit de collégialité" et "mutuellement dépendants les uns des autres", ne fait pas l'unanimité. Ses détracteurs redoutent qu'elle dilue les responsabilités des différents commissaires et qu'elle aboutisse à des "guerres de territoire". Des députés européens se demandent ainsi comment les décisions seront prises dans un système où Pierre Moscovici, par exemple, dirigera la politique économique mais devra en référer, selon les sujets, à deux vice-présidents, le Finlandais Jyrki Katainen (emploi, croissance, investissement et compétitivité) et le Letton Valdis Dombrovskis (euro et dialogue social). (Alastair MacDonald, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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