UE-La France sur la sellette après ses engagements non tenus

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* Le non respect des objectifs budgétaires agace l'Allemagne * L'Eurogroupe débat de l'articulation entre budget, politique monétaire et croissance * Les ministres veulent mesurer l'impact des réformes structurelles par Jan Strupczewski et Martin Santa MILAN, 11 septembre (Reuters) - Les partenaires européens de la France vont l'inviter vendredi à faire plus d'efforts pour atteindre ses objectifs budgétaires qu'elle a de nouveau repoussés cette semaine, a-t-on appris de sources diplomatiques. Les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent à Milan pour des discussions informelles où il sera beaucoup question des règles budgétaires de l'Union européenne qui limitent les déficits budgétaires comme la dette et établissent des échéanciers pour leur réduction. Paris était censé ramener son déficit budgétaire sous la limite des 3% du produit intérieur brut l'an prochain, après six années consécutives de dépassement. Ayant manqué l'objectif en 2013, le gouvernement avait obtenu de ses partenaires européens un répit de deux ans, jusqu'en 2015, pour y parvenir. Mais mercredi, le ministre français des Finances Michel Sapin a annoncé que le déficit augmenterait cette année à 4,4% du PIB, contre 4,1% en 2013, et qu'il ne reviendrait pas sous les 3% d'ici 2017, du fait de la croissance atone et de la faible inflation. "Je serais surpris que les pays qui doivent faire des efforts pour tenir leurs engagements ne remettent pas en question ce qu'a dit Sapin", a dit un haut responsable de la zone euro. "Je pense que les pays qui ont fait des réformes et consolidé (leurs finances publiques) attendent de la France et de l'Italie qu'elles en fassent autant." MESURER ET ÉVALUER LES RÉFORMES L'aveu de Paris a suscité des critiques en Allemagne, où le gouvernement n'aura pas besoin de recourir à l'emprunt en 2015, et dans d'autres pays de la zone euro. "De tels excès nuisent au débat sur un assouplissement raisonnable des règles, qui ne devrait être accessible qu'aux pays qui remplissent leurs obligations", a estimé le haut responsable. Les ministres devraient ainsi signifier à Michel Sapin que la croissance est au ralenti dans d'autres pays également, ce qui ne les empêche pas de faire des efforts. "Le message clé sera que les règles s'appliquent à tous, quelle que soit la taille du pays ou ses problèmes spécifiques", a dit un autre haut responsable. Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a donné quelque espoir aux Français en affirmant le 22 août, lors du séminaire des banquiers centraux à Jackson Hole aux Etats-Unis, qu'une contribution budgétaire des Etats serait la bienvenue pour appuyer les mesures de soutien monétaires à l'économie. Mais il a souligné que les gouvernements devaient aussi assumer leurs responsabilités en matière de réformes structurelles, touchant notamment au marché du travail. A sa suite, Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l'Eurogroupe - le forum des ministres des Finances des 18 pays de la zone euro - a insisté sur la nécessité de réformes structurelles pour retrouver croissance et compétitivité. L'Italie, qui occupe la présidence tournante de l'UE, entend mettre en avant qu'il faut des années avant que de telles réformes ne produisent des résultats et qu'il n'existe pas de procédé permettant de mesurer à l'avance leurs effets. Le débat à Milan devrait donc porter sur les moyens de mesurer et d'évaluer les réformes structurelles, et le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, fera des propositions en ce sens. "L'idée, au fond, est que la Commission européenne puisse évaluer les progrès réalisés par chaque pays en matière de réformes en les comparant et en examinant les retombées positives ou négatives pour les autres pays", a dit l'un des responsables. (avec Francesca Landini et l'équipe Ecofin, Véronique Tison pour le service français)

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