UE-La droite populiste cible les migrants après les attaques à Paris

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* L'extrême droite appelle à la fermeture des frontières * Pologne et Slovaquie ne veulent pas des quotas de migrants * Recherche du consensus sur les migrants rendue plus difficile par Paul Taylor PARIS, 14 novembre (Reuters) - Les dirigeants des formations populistes en Europe ont exigé samedi l'arrêt des flux de migrants et de réfugiés en provenance du Moyen-Orient et d'Afrique au lendemain des attaques meurtrières de Paris revendiquées par l'Etat islamique. Les attaques, liées aux conflits en Syrie et en Irak et qui ont fait au moins 128 morts, vont singulièrement compliquer la tâche de l'Union européenne dans ses efforts pour répartir entre les pays membres les centaines de milliers de migrants arrivés depuis le début de l'année pour fuir la guerre et la misère. Le futur ministre polonais des Affaires européennes Konrad Szymanski, qui prendra ses fonctions lundi, a dit que Varsovie ne pouvait pas accepter de réfugiés selon les quotas définis par l'Union européenne. ID:nL8N1390O1 L'Etat islamique a revendiqué samedi matin dans un communiqué officiel la responsabilité de ces attentats. L'organisation djihadiste ajoute que ces attaques visaient à démontrer que la France demeurerait une cible privilégiée tant qu'elle poursuivra sa politique au Moyen-Orient, où elle mène des frappes contre l'EI en Syrie et en Irak. ID:nL8N1390L3 François Hollande a dit que les attaques, commises dix mois après les attentats de janvier dernier, avaient été préparées et planifiées de l'extérieur avec des complicités intérieures. Le chef de l'Etat les a qualifiées d'acte de guerre. Dans une déclaration publiée sur le portail d'information wPolityce.pol, orienté à droite, Konrad Szymanski a affirmé que le futur gouvernement issu des élections législatives remportées par le parti Droit et Justice (PiS, conservateur) n'honorera pas l'engagement pris par la Pologne d'accepter des migrants dans le cadre d'une relocalisation à l'échelle européenne. "Au vu des tragiques événements à Paris, nous ne voyons pas de possibilités politiques pour la mise en oeuvre" de cet engagement, a-t-il déclaré. INFILTRATION ? Le Premier ministre slovaque Robert Fico, qui s'est aussi opposé aux quotas de réfugiés au sein de l'UE, a clairement évoqué la possibilité d'une infiltration par des militants de l'EI des vagues de migrants qui se sont dirigées vers l'Europe. "Nous travaillons sur deux versions de l'attaque - la radicalisation de certains pans de la population musulmane en France en représaille à l'engagement de la France dans les frappes aériennes contre l'Etat islamique ou l'infiltration par l'EI des vagues de migration actuelles", a dit Fico à des journalistes après une réunion d'urgence du conseil de sécurité. "Nous avons dit qu'il y avait des risques sécuritaires énormes liées aux migrations. Espérons qu'un certain nombre de gens vont désormais ouvrir les yeux", a-t-il dit. Le détenteur d'un passeport syrien découvert près du corps d'un des auteurs des attaques de vendredi soir à Paris est passé par la Grèce en octobre, ont annoncé samedi les autorités grecques, renforçant cette thèse. ID:nL8N13912K Robert Fico figure parmi les dirigeants d'Europe centrale qui, à l'instar du Premier ministre nationaliste hongrois Viktor Orban, ont accusé la chancelière allemande Angela Merkel d'avoir déclenché un déferlement de migrants en se déclarant prête à accueillir en Allemagne les réfugiés syriens. "Les événements d'hier auront des ramifications politiques considérables avec une pression croissante sur la politique libérale de Merkel en faveur des réfugiés, un renforcement de la probabilité d'une intervention britannique en Syrie et une difficulté plus grande à parvenir à un consensus paneuropéen sur la politique d'asile", a dit Charles Lichfield, du cabinet de consultants sur les risques géopolitiques Eurasia Group. LE PEN VEUT FERMER LES FRONTIÈRES En France, la présidente du Front national, Marine Le Pen, a demandé la fermeture des "mosquées radicales", la déchéance de nationalité pour les binationaux radicalisés et la fermeture "définitive" des frontières. Aux Pays-Bas, le populiste Geert Wilders, a appelé le gouvernement à fermer les frontières, l'accusant d'être dans le déni sur les liens entre immigration et terrorisme. Wilders, dont le Parti de la liberté (PVV) a été propulsé en tête des sondages par la crise des migrants, a interpellé le chef de l'exécutif dans un communiqué : "Premier ministre Rutte, je vous le dis : Fermez les frontières hollandaises. Maintenant. Protégez le peuple hollandais." Mark Ruttte, le Premier ministre hollandais de centre-droit, a renforcé les contrôles aux frontières et dit que les Pays-Bas étaient, eux aussi, "en guerre" avec l'EI. Il a toutefois ajouté : "Nous ne sommes pas en guerre contre un pays, contre une croyance ou contre l'Islam." En Italie, le dirigeant nationaliste de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a souligné la menace pour la sécurité liée à la radicalisation religieuse des immigrants et de leurs enfants. "Des immigrants hors de tout contrôle compliquent la sécurité. Bien sûr s'il s'avère que les terroristes sont des immigrés de la deuxième, troisième ou quatrième génération, c'est encore pire parce que cela signifie que l'islam n'est pas compatible et ne peut être intégré dans la démocratie", a-t-il dit à des journalistes. Sur sa page Facebook, il a appelé à ce que toutes "les communautés islamiques" en Italie fassent l'objet d'une surveillance étroite, ajoutant : "les coupeurs de gorge et les terroristes islamiques doivent être ÉLIMINÉS par la force!" (avec Adrian Krajewski à Varsovie, Tatiana Jancarikova à Bratislava, Marton Dunai à Budapest, Anthony Deutsch à amsterdam, Steven Scherer à Rome, Marc Joanny pour le service français, édité par Yves Clarisse)

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  • albertm5 le samedi 14 nov 2015 à 19:45

    en effet les coupeurs de tete , donnez les en pature aux cochons ,,