UE-L'OFCE prône une refonte des règles pour doper l'investissement

le
0
    * Des investissements pour relancer la croissance 
    * Des marges de manoeuvre grâce aux taux bas 
    * Le Pacte européen de stabilité devrait être modifié 
 
    PARIS, 1er décembre (Reuters) - Une évolution des règles 
européennes est souhaitable afin de permettre une relance de 
l'investissement public dans des projets susceptibles de 
dynamiser la croissance, selon l'OFCE. 
    Dans une note consacrée à l'investissement public publiée 
jeudi, l'Observatoire français des conjonctures économiques 
rappelle que différentes organisations internationales, comme le 
FMI et l'OCDE, ont mis en avant la relance de l'investissement 
public pour soutenir une croissance toujours fragile. 
    "L'investissement public adéquat augmente la croissance 
potentielle à long terme, l'activité à court terme et permet 
d'atteindre des objectifs de transition énergétique", indique 
l'institut de recherches économiques lié à Sciences Po Paris.   
    Comme l'a fait l'Organisation de coopération et de 
développement économiques (OCDE) dans ses prévisions d'automne 
publiées lundi  , l'OFCE souligne que le contexte de 
taux bas dégage des marges de manoeuvre budgétaires pour 
investir. 
    "Du fait de la faiblesse des taux d'intérêt, des projets 
d'investissements publics peuvent être menés sans fortement 
peser sur les finances publiques", relève l'OFCE en préconisant 
de se concentrer sur des projets "à la fois nécessaires et 
utiles". Rentrent dans cette catégorie des programmes dont le 
rendement économique et social dépasse le coût de financement, 
comme "les investissements pour la transition écologique, pour 
une amélioration du système éducatif ou encore les 
infrastructures de transport dans les villes congestionnées". 
    Selon les calculs de l'institut, une hausse permanente d'un 
point de produit intérieur brut (PIB) de l'investissement public 
en France - soit environ 20 milliards d'euros - "générerait une 
hausse du PIB de 1,1% à trois ans et une réduction de 245.000 
chômeurs" si elle est financée par de la dette. La dégradation 
correspondante de la dette publique rapportée au PIB s'élèverait 
à 0,4%.   
     
    LE PATRIMOINE PUBLIC GRIGNOTÉ 
    Une relance de l'investissement de même ampleur mais à 
budget de l'Etat constant, donc financée par une baisse des 
autres dépenses publiques, se traduirait au bout de trois ans 
par un gain de croissance plus faible (0,4% du PIB) et une 
progression de 147.000 des effectifs salariés, selon l'institut. 
    Pour l'OFCE, l'accent a été tellement mis sur la question de 
la dette publique que la dépréciation du patrimoine public a été 
occultée.  
    Entre 2009 et 2015, l'investissement public a reculé en 
France de 4,2% à 3,5% du PIB, observe l'institut. Mais en 
prenant en compte l'usure et la dépréciation des infrastructures 
(des routes, du réseau ferré...), l'accumulation d'actifs nets 
représentant le stock de capital public français "atteint même 
un point bas à 0,2% du PIB en 2015".      
    "En se cristallisant sur le passif, on est en train de 
manger l'actif", a déclaré Xavier Ragot, le président de l'OFCE, 
lors d'une conférence de presse.   
    "Le débat est tellement cristallisé sur la dette qu'on dit 
que l'Etat lègue une dette à ses enfants mais ce n'est pas vrai 
: la valeur patrimoniale de l'Etat est toujours positive de 
l'ordre de 8.000 euros par habitant", même si cette valeur est 
en décroissance accélérée depuis la crise, a-t-il ajouté.     
    Pour l'institut économique, une relance de l'investissement 
public financée par de la dette est donc nécessaire. Et dans la 
mesure où une telle évolution entre en conflit avec le Pacte de 
stabilité et de croissance, il propose une évolution des règles 
budgétaires européennes.  
    "Pour éviter les aspects récessifs des traités européens", 
l'OFCE préconise donc de définir "une 'règle d'or' qui exclut 
certains investissements publics, notamment en capital humain, 
des règles de consolidation budgétaire".     
    Si l'OCDE a également appelé en début de semaine à mettre à 
profit les marges budgétaires dégagées par la faiblesse des taux 
d'intérêt pour lancer des investissements susceptibles de 
soutenir la croissance, elle a souligné que "certains pays dans 
lesquels les taux de prélèvements obligatoires sont élevés, 
comme le Danemark et la France, pourraient peut-être se 
concentrer davantage sur la diminution de la taxation du travail 
et des entreprises plutôt que sur une augmentation des 
dépenses".      
     
    Les notes de l'OFCE: 
    http://bit.ly/2goMg1u 
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant

Partenaires Taux