UE-L'industrie manufacturière en recul partout, sauf en Allemagne

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    PARIS, 9 mars (Reuters) - Le poids de l'industrie 
manufacturière dans l'économie  européenne a sensiblement reculé 
entre 1995 et 2015, un phénomène qui a touché tous les grands 
pays à l'exception de l'Allemagne, selon une étude publiée jeudi 
par l'Insee. 
    La valeur ajoutée du secteur a progressé de 2,4% en moyenne 
annuelle sur ces vingt années, un rythme inférieur à la 
croissance de l'ensemble de l'économie (+3,5%), ce qui fait 
qu'au bout du compte son poids est passé de 19,6% à 15,9% sur la 
période. 
    Le recul a été marqué pour le Royaume-Uni (17,5% à 9,8%), la 
France (16,2% à 11,2%) et l'Italie (20,9% à 15,8%), plus limité 
en Espagne (17,6% à 14,2%). L'Allemagne, première économie 
européenne, a sauvé les meubles avec une proportion stable à 
22,8%. 
    Ces reculs tiennent pour l'essentiel à un "effet prix" et, 
dans une moindre mesure, à la diminution des volumes produits, 
souligne l'Insee. 
    Pour la France, c'est "l'effet prix" qui l'emporte, en 
raison des gains de productivité élevés et plus rapides dans 
l'industrie manufacturière que dans le reste de l'économie. 
    L'effet "volume" a été en revanche prépondérant pour le 
Royaume-Uni et l'Espagne, alors que les prix et les volumes ont 
joué tout autant pour l'Italie. 
    En Allemagne, les deux se sont compensés, les prix du 
secteur manufacturier progressant un peu moins vite et les 
volumes un peu plus vite que dans le reste de l'économie. 
    S'agissant plus spécifiquement de la France, l'Insee 
explique la baisse du poids de l'industrie manufacturière par 
trois phénomènes structurels : l'externalisation par les 
entreprises du secteur d'une partie de leurs activités vers les 
services, la montée de la concurrence étrangère et une structure 
de la demande des consommateurs qui se déforme au profit des 
services. 
    Les mêmes phénomènes sont constatés dans d'autres pays mais 
à des degrés difficiles à évaluer en raison des différences de 
nomenclatures selon les grandeurs économiques étudiées. 
    En Allemagne, l'industrie manufacturière a bénéficié en 
outre de ses bonnes performances à l'exportation et aussi d'une 
progression moins forte de la demande des ménages pour les 
services.  
    Ainsi l'écart de croissance entre les consommations de 
services principalement marchands (hors services financiers) et 
de biens a été de 0,9 point en moyenne annuelle en Allemagne 
entre 1995 et 2015 contre 1,4 point en France et jusque 2,3 
points en Italie.   
    Il a été encore plus bas au Royaume-Uni (+0,3 point), un 
pays où les services financiers consommés par les 
ménages se développent fortement : +6,2% en moyenne sur 
l'ensemble de la période, contre +2,2% pour l'Union européenne 
et +0,4% pour la zone euro. 
     
    L'étude de l'Insee : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2654972 
 
     
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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