UE/Immigration-La Suisse prête à agir unilatéralement

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    ZURICH, 4 décembre (Reuters) - Le gouvernement suisse est 
prêt à limiter de façon unilatérale l'immigration s'il ne 
parvient pas à un accord avec l'Union européenne (UE) sur le 
dossier de la libre circulation des travailleurs en Europe, a 
annoncé vendredi la présidente de la Confédération, Simonetta 
Sommaruga. 
    L'objectif est de concilier à la fois le vote des Suisses, 
qui se sont prononcés en février 2014 contre "l'immigration de 
masse", et l'accord sur la libre circulation des travailleurs de 
l'UE en Suisse.  
    Pour ce faire, tout en poursuivant les discussions avec 
Bruxelles dans l'espoir de parvenir à un accord à l'amiable, le 
Conseil fédéral (gouvernement) a demandé au département de 
Justice et Police de préparer d'ici mars 2016 une "clause de 
sauvegarde" afin de respecter le vote exprimé par la population 
il y a près de deux ans. 
    Environ 1,3 million de ressortissants de pays de l'Union 
vivent actuellement en Suisse et 300.000 traversent chaque jour 
la frontière pour venir travailler dans la Confédération. 
    "Nous voulons poursuivre les discussions dans le but de 
parvenir à un accord sur une clause de sauvegarde (...) C'est la 
meilleure façon de faire", a dit Simonetta Sommaruga lors d'une 
conférence de presse à Berne. 
    Elle a souligné qu'elle préférerait parvenir à un 
arrangement avec Bruxelles plutôt que de recourir à des 
initiatives unilatérales. "On ne sait pas quelles mesures 
pourrait prendre l'Union européenne dans ce cas", a-t-elle noté. 
    En cas de blocage avec l'UE, la Suisse, membre de l'espace 
Schengen, est prête à un gel de ses accords économiques 
bilatéraux avec l'Union, a déclaré pour sa part le chef de la 
diplomatie suisse, Didier Burkhalter. 
    "S'il n'y a vraiment pas de solution (...), nous sommes 
prêts à une suspension, en totalité ou en partie, des accords 
bilatéraux", a-t-il souligné. 
    Le Parlement suisse a jusqu'à février 2017 pour mettre en 
oeuvre la décision populaire de février 2014. 
    En cas de blocage avec Bruxelles, la "clause de sauvegarde" 
autoriserait une limitation temporaire et ciblée des 
autorisations accordées aux ressortissants de l'UE ou de 
l'Association européenne de libre-échange (AELE). 
    Un seuil d'immigration serait fixé pour ces ressortissants 
au-delà duquel des nombres maximums et des contingents seront 
introduits l'année suivante. 
    En octobre, l'Union démocratique du centre (UDC), parti de 
la droite anti-immigration, a remporté les élections fédérales, 
confortant sa place de premier parti politique du pays. 
    En février 2014, les électeurs suisses ont voté à une courte 
majorité une "initiative" soutenue par l'UDC en faveur de la 
réintroduction de quotas d'immigration avec l'Union européenne.  
 
 (John Miller, Joshua Franklin, Brenna Hughes Neghaiwi; Guy 
Kerivel pour le service français) 
 
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