UE-Hollande veut mettre les sociaux-démocrates au centre du jeu

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* Les sociaux-démocrates revendiquent les postes clés * Soutien à la proposition de sommet sur la croissance le 6/10 * Hollande espère un sommet de la zone euro par Julien Ponthus PARIS, 30 août (Reuters) - François Hollande a revendiqué samedi un rôle important pour les sociaux-démocrates dans la répartition des postes de direction de l'Union européenne et dans la réponse à la déflation et la stagnation économique qui menace le vieux continent. Le président français a déclaré que les sociaux-démocrates soutenaient la candidature de l'Italienne Federica Mogherini au poste de Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité. "J'ai bon espoir qu'elle soit choisie ce soir", a dit devant la presse le chef de l'Etat, hôte d'une douzaine de dirigeants de la gauche européenne, invités à l'Elysée pour préparer le sommet européen qui se tient à Bruxelles samedi après-midi. La ministre italienne des Affaires étrangères fait déjà largement figure de favorite pour succéder à la Britannique Catherine Ashton en dépit de la défiance des pays de l'Est qui l'estiment pas assez ferme vis à vis de la Russie. François Hollande a été moins explicite sur le nom du futur président du Conseil, poste qui devrait se jouer entre le Premier ministre Polonais de centre-droit Donald Tusk et la chef sociale-démocrate du gouvernement danois Helle Thorning-Schmidt. Tout en espérant que le choix des leaders européens résulte d'un consensus et sans citer de nom, François Hollande n'a pas caché vers qui allait sa préférence. "Nous avons besoin d'une démarche de rassemblement, nous avons besoin d'un consensus et il y a des personnalités au sein de la famille sociale-démocrate en Europe qui peuvent convenir", a dit le président français, qui a en outre revendiqué un leadership social-démocrates pour le pilotage de l'économie européenne. DESSERRER L'ÉTAU BUDGÉTAIRE La France espère toujours, malgré les réticences affichées par certains de ses partenaires, qu'un poste économique important revienne à son candidat à la Commission, l'ancien ministre des Finances Pierre Moscovici. François Hollande a dit que la gauche européenne "insisterait pour que le nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dont l'équipe doit entrer en fonction le 1er novembre, confie le portefeuille des Affaires économiques et monétaires à l'un des leurs. A défaut de l'obtenir pour Pierre Moscovici, Paris verrait volontiers ce dernier devenir Commissaire européen à l'Investissement, un maroquin inédit mais que Jean-Claude Juncker envisage pour mettre en oeuvre un plan de relance de 300 milliards d'euros. Jean-Claude Juncker doit annoncer la composition de la Commission dans la première quinzaine de septembre. Outre les questions de personnalités, l'enjeu pour François Hollande est d'obtenir que ses collègues valident son appel pour tenir au plus vite un sommet de la zone euro pour arrêter une nouvelle initiative de croissance au niveau européen. Confronté au manque de résultats de sa politique économique, François Hollande a fait le choix d'accélérer le rythme des réformes structurelles tout en demandant des marges de manoeuvre budgétaires à ses partenaires européens et monétaires à la Banque centrale européenne. Ayant choisi pour la France une politique de l'offre, il estime que la relance doit passer, elle, par une action coordonnée au niveau européen et compte pour l'obtenir sur l'appui du président du Conseil italien, Matteo Renzi, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE ce semestre. "Des initiatives sont nécessaires. Nous avons soutenu la proposition de Matteo Renzi de réunir un sommet de l'Union européenne en Italie le 6 octobre sur la croissance", a-t-il dit. "Ce sommet de l'Union européenne sera suivi par un sommet de la zone euro si nos partenaires l'acceptent, de manière à ce que nous puissions traduire cette volonté dans les responsabilités qui sont les nôtres." Cette réunion des 18 pays partageant la monnaie unique doit permettre à ces derniers d'obtenir un assouplissement dans la mise en oeuvre de leurs obligations budgétaires et faire face, ainsi, à la déflation et à l'absence de croissance qui menacent l'Europe. "(Les) réformes doivent conduire à la croissance mais elles ne peuvent pas réussir s'il n'y a pas de croissance", a dit François Hollande. "Oui aux réformes, toutes les réformes nécessaire pour améliorer notre compétitivité (...) mais en même temps le faire dans un contexte de croissance." (Edité par Grégory Blachier)

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