UE et Turquie évoquent un "nouveau départ"

le , mis à jour à 23:31
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    * Trois milliards d'euros et une relance des négociations 
d'adhésion proposés à à la Turquie 
    * Ankara est un partenaire incontournable dans la quête 
d'une solution à la crise migratoire 
 
 (actualisé avec déclaration Hollande §7-8) 
    par Francesco Guarascio et Robin Emmott 
    BRUXELLES, 29 novembre (Reuters) - Ankara va contribuer aux 
efforts visant à endiguer le flux de migrants qui convergent 
vers l'Europe en contrepartie d'une aide financière, de l'octroi 
de visas et d'une relance des négociations sur l'adhésion de la 
Turquie à l'Union européenne, selon les termes d'un accord 
conclu dimanche à Bruxelles. 
    D'après des diplomates, les Vingt-Huit réunis dans la 
capitale européenne avec le Premier ministre turc Ahmet 
Davutoglu ont négocié toute la journée de samedi pour s'entendre 
sur une position commune.  
    "Nous avons trouvé un accord qui, je l'espère, sera accepté 
par toutes les parties aujourd'hui", a dit le président du 
Conseil européen, Donald Tusk, à son arrivée au sommet. 
    En échange de son implication dans la plus grave crise 
migratoire en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, le 
gouvernement turc recevra trois milliards d'euros d'aide 
européenne pour financer la prise en charge des migrants se 
trouvant sur son territoire qui compte notamment près de 2,2 
millions de réfugiés syriens. 
    "L'Union s'engage a apporter dans un premier temps trois 
milliards d'euros de ressources supplémentaires" ont dit l'Union 
et la Turquie dans un communiqué commun. 
    "Les besoins et la nature de ces financements seront 
renouvelés à la lumière de l'évolution de la situation." 
    "Dès lors que la Turquie fait un effort pour accueillir des 
réfugiés, ceux là même qui ne viendront pas en Europe, il est 
légitime que la Turquie reçoive une aide de l'Europe pour 
l'accueil des réfugiés", a déclaré le président François 
Hollande. 
    Selon le dirigeant français, l'accord devra également faire 
en sorte que les migrants soient plus facilement contrôlés afin 
d'écarter ceux qui constituent une menace, à l'image des 
combattants de l'Etat islamique qui ont attaqué Paris et 
Saint-Denis il y a plus de deux semaines. 
    De même, Ankara obtient la réouverture dès le mois prochain 
d'un nouveau chapitre des négociations sur une adhésion de la 
Turquie, dans l'impasse depuis 2005. 
    A son arrivée à Bruxelles, Ahmet Davutoglu a salué un "jour 
historique dans notre processus d'accession à l'UE" et un 
"nouveau départ" dans les relations entre Ankara et les 
Européens. (voir  ID:nL8N13O0NG ) 
     
    "NE SOYONS PAS NAÏFS" 
    Selon Donald Tusk, environ 1,5 million de personnes sont 
entrées illégalement dans l'UE en 2015. 
    La plupart ont transité par la Turquie, faisant de ce pays 
un partenaire indispensable et incontournable, au point que des 
diplomates européens se demandaient samedi soir si Ankara, 
conscient de son statut central dans ce dossier, ne produirait 
pas de nouvelles demandes. 
    "Les Turcs négocient toujours jusqu'à la dernière seconde. 
Pourquoi est-ce que ce devrait être différent cette fois-ci?", 
s'interrogeait ainsi un diplomate européen, notant que le 
président turc Recep Tayyip Erdogan n'a pas fait le déplacement 
de Bruxelles, envoyant son Premier ministre. 
    Quoi qu'il en soit, a mis en garde dimanche le président du 
Conseil européen, la Turquie ne détient pas seule la solution à 
la crise et un accord avec Ankara, a poursuivi Tusk, ne suffira 
pas à mettre un terme à la crise si l'UE ne parvient à contrôler 
fermement ses frontières extérieures. "Ne soyons pas naïfs, la 
Turquie n'est pas la seule clef pour résoudre la crise 
migratoire (...) Sans contrôle de nos frontières extérieures, 
Schengen appartiendra à l'histoire ancienne", a-t-il dit. 
    Entrés en vigueur en 1995 et progressivement étendus, les 
accords de Schengen ont supprimé les contrôles aux frontières 
intérieures et renforcé la coopération policière à 26 pays, dont 
22 membres de l'Union européenne. (voir  ID:nL8N13F16S ) 
     
    RÉADMISSION 
    Les mesures prises par l'UE ces derniers mois n'ont pas été 
très efficaces pour la gestion des flux de migrants. Et si 
l'hiver risque de réduire le nombre d'arrivants pendant quelques 
mois, il rend aussi les choses très difficiles pour les milliers 
de personnes coincées aux frontières fermées des pays des 
Balkans. 
    D'après le projet d'accord, les Européens prévoient de 
verser trois milliards d'euros à la Turquie pour les 12 à 24 
mois prochains en souhaitant qu'Ankara utilise cette enveloppe 
pour améliorer le quotidien des 2,3 millions de Syriens réfugiés 
sur son sol de sorte qu'ils soient moins incités à s'embarquer 
pour la Grèce, pays de "première arrivée" dans l'UE. 
    L'UE veut aussi que le gouvernement turc rende la traversée 
de Turquie vers les îles grecques plus difficile et qu'il 
empêche d'entrer les Afghans et autres migrants asiatiques qui 
passent par la Turquie pour se rendre en Europe. 
    Bruxelles veut enfin que la Turquie tienne sa promesse de 
reprendre les migrants qui ont réussi à atteindre la Grèce mais 
qui ensuite ne réussissent pas à obtenir l'asile politique. 
    Si Ankara remplit ses obligations, les ressortissants turcs 
obtiendront plus facilement des visas pour se rendre en Europe. 
 
 (avec Robin Emmott, Sabine Siebold, Gabriela Baczynska, Jan 
Strupczewski, Alastair Macdonald et Ercan Gurses, Pierre 
Sérisier, Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le service 
français, édité par Simon Carraud) 
 
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  • M8252219 le lundi 30 nov 2015 à 07:47

    Pas de dictature dans l'union européenne.