UE-Discussion "délicate" avec Londres sur les migrants européens

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    * Avant le conseil européen des 17 et 18 décembre, Tusk fait 
le point sur les négociations avec Londres 
    * Le sujet "le plus délicat" porte sur l'installation des 
citoyens européens en Grande-Bretagne 
    * Cameron a promis un référendum d'ici la fin 2017 sur 
l'appartenance à l'UE 
 
 (Actualisé tout du long) 
    par Alastair Macdonald 
    BRUXELLES, 7 décembre (Reuters) - Le président du Conseil 
européen Donald Tusk estime qu'il existe une "volonté forte" 
parmi les Vingt-Huit de satisfaire les demandes d'aménagement 
réclamées par la Grande-Bretagne mais souligne qu'il n'y a en 
revanche aucun consensus sur la requête britannique d'une baisse 
de l'immigration en provenance des autres pays de l'Union 
européenne. 
    Dans une lettre adressée lundi aux dirigeants de l'UE avant 
le sommet européen de la semaine prochaine, l'ancien Premier 
ministre polonais, qui conduit les négociations avec Londres, 
souligne qu'il est urgent de trouver un accord avec David 
Cameron. 
    Le Premier ministre britannique, triomphalement réélu en mai 
dernier, veut renégocier les relations entre la Grande-Bretagne 
et le reste de l'UE avant de soumettre par référendum d'ici la 
fin 2017 la question d'un maintien ou non de son pays dans 
l'ensemble communautaire. 
    "Notre but est de trouver des solutions qui satisfassent les 
exigences du Premier ministre britannique tout en cimentant les 
fondations sur lesquelles l'UE est bâtie", écrit Tusk dans cette 
lettre rendue publique par ses services. 
    "L'incertitude concernant l'avenir du Royaume-Uni dans 
l'Union européenne est un facteur de déstabilisation. C'est la 
raison pour laquelle nous devons trouver un moyen de répondre 
aux inquiétudes britanniques aussi vite que possible", 
ajoute-t-il. 
    Le président du Conseil européen avait estimé la semaine 
dernière que l'UE et la Grande-Bretagne pourraient conclure un 
accord en février prochain. (voir  ID:nL8N13S5A6 ) 
     
    QUESTIONS DIFFICILES 
    Dans sa lettre, il souligne que les consultations menées 
jusqu'à présent ont "montré que les questions soulevées par le 
Premier ministre britannique sont difficiles". "Dans le même 
temps, poursuit-il cependant, il existe une volonté forte de la 
part de toutes les parties de trouver des solutions qui 
répondent à la requête britannique tout en bénéficiant à l'Union 
européenne dans son ensemble". 
    Cameron a exposé le 10 novembre dernier ses propositions de 
réformes de fonctionnement de l'UE. (voir  ID:nL8N135292 ) 
    Les objectifs que poursuit le chef du gouvernement 
conservateur portent sur quatre catégories principales 
(relations entre pays membres et non-membres de la zone euro; 
compétitivité; souveraineté nationale et intégration européenne; 
prestations sociales et liberté de circulation).  
    C'est sur ce quatrième point, écrit Tusk, que la discussion 
amorcée depuis près d'un mois est "la plus délicate et 
nécessitera un débat politique de fond lors du conseil 
(européen) de décembre". 
    Cameron demande notamment que les ressortissants de pays 
membres de l'UE qui viennent travailler au Royaume-Uni ne 
puissent y bénéficier des prestations sociales lors de leurs 
quatre premières années de résidence. Il veut aussi interdire à 
ces travailleurs européens de transférer à l'étranger leurs 
allocations familiales. 
    "Il n'y a actuellement pas de consensus", note Tusk. 
    Pour les trois autres catégories, le président du Conseil 
européen écrit en revanche que des solutions sont en cours 
d'examen. 
    Sur les inquiétudes britanniques relatives aux difficultés 
que les Etats de l'UE non-membres de la zone euro pourraient 
rencontrer, il indique qu'un "ensemble de principes" pourrait 
être trouvé qui éviterait "les discriminations de toutes sortes" 
entre membres et non-membres de la zone euro. Un "mécanisme" est 
en débat qui donnerait à ces derniers l'opportunité d'exprimer 
leur avis sans pour autant que cela s'apparente à un droit de 
veto. 
    Sur la compétitivité, Tusk fait état d'une d'une "très forte 
détermination" au sein de l'UE pour promouvoir cet objectif.  
"Tout le monde est d'accord sur la nécessité d'oeuvrer davantage 
à une meilleure régulation et à un allègement du fardeau portant 
sur les entreprises tout en maintenant des standards élevés." 
    Enfin, sur les rapports entre souveraineté nationale et 
intégration européenne, le président du Conseil européen fait 
état d'"un large accord pour dire que le concept d''une union 
sans cesse plus étroite entre les peuples' autorise différents 
axes d'intégration" et que la nécessité de garantir un rôle 
important aux Parlements nationaux est "largement partagée". 
 
    RENVOI 
    Pour retrouver en intégralité la lettre de Tusk (en anglais) 
    http://ow.ly/VzucT     
    http://www.consilium.europa.eu/press-releases-pdf/2015/12/40802206053_en_635850981600000000.pdf 
 
 (Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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