UE-Débat relancé sur l'étiquetage des biens de colonies juives

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BRUXELLES, 16 avril (Reuters) - Seize ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont écrit à la Haute Représentante de l'UE pour la politique étrangère, Federica Mogherini, pour lui demander d'accélérer la mise en place d'un étiquetage des produits fabriqués dans les colonies israéliennes, a-t-on appris jeudi auprès de diplomates. Certains pays membres appliquent déjà leurs propres règles afin que les consommateurs puissent voir si les produits qu'ils achètent sont fabriqués dans les colonies, implantées dans les territoires occupés sur lesquels les Palestiniens veulent bâtir un futur Etat, ou à l'intérieur des frontières internationalement reconnues d'Israël. Israël rejette la position de l'UE selon laquelle les colonies sont illégales et s'oppose à un étiquetage spécifique. L'UE discute depuis plusieurs années de cette question, qui a même été suspendue en 2013 pour ne pas perturber les efforts engagés par les Etats-Unis pour relancer les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens. Certains pays membres perdent patience avec Israël en raison de la poursuite de la colonisation, du gel des pourparlers de paix et des propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant les élections du 17 mars qu'il a remportées, excluant la création d'un Etat palestinien tant qu'il serait au pouvoir. La lettre, publiée sur le site internet du quotidien israélien Haaretz, estime que "la poursuite de l'expansion des implantations israéliennes illégales en territoire occupé palestinien, et sur d'autres territoires occupés par Israël depuis 1967, menace la perspective d'un accord de paix juste et définitif". Les seize ministres jugent "nécessaire de garantir que les consommateurs ne seront pas trompés par de fausses informations" et estiment que l'étiquetage spécifique des produits fabriqués dans les colonies est un "pas important dans la pleine mise en oeuvre d'une politique de long terme de l'UE relative à la préservation d'une solution à deux Etats". Parmi les signataires de la lettre figurent les ministres de Grande-Bretagne, France, Espagne, Italie, Pays-Bas, Belgique et Suède. L'Allemagne fait partie des absents notables, reflet des divisions au sein de l'UE sur la politique à l'égard d'Israël. Federica Mogherini a confirmé, lors d'un déplacement aux Pays-Bas, avoir reçu la lettre et en avoir déjà discuté avec quelques-uns de ses auteurs. Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères n'a pas souhaité commenter une correspondance interne à l'UE. (Adrian Croft; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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