UE-Contourner les règles, seule façon de sortir de la crise-OFCE

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PARIS, 16 décembre (Reuters) - Les Européens doivent contourner les règles budgétaires qu'ils se sont imposées pour espérer sortir de la crise, en utilisant notamment la brèche ouverte par le plan d'investissement de Jean-Claude Juncker, estime l'OFCE dans un rapport publié mardi. Le plan du président de la Commission européenne prévoit de sortir du calcul des déficits publics les sommes versées à un futur fonds européen d'investissement créé pour contribuer à relancer l'économie et éviter la déflation. ID:nL6N0TF4AH En Europe aujourd'hui, "le paysage est assez préoccupant: divergences, perte de cohésion, inégalités croissantes, risque de déflation, absence de résultat en termes de baisse du chômage et de réduction de la dette", a déclaré Xavier Timbeau, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques et coordinateur du rapport réalisé avec des instituts économiques allemand (IMK) et danois (ECLM). "La gouvernance européenne est en train d'échouer, les politiques actuelles ne sont pas à la mesure du problème et si l'on ne prend pas la mesure du problème, on va au devant de très très grandes déconvenues", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse, en soulignant notamment que "le danger de déflation est très fort". PLAN JUNCKER INSUFFISANT Une des clés de la sortie de la crise est l'investissement, estiment les auteurs du rapport, ce qui correspond au consensus européen actuel. Mais ils jugent nettement insuffisant le plan Juncker qui prévoit un effet de levier de 15 entre l'investissement public et l'investissement total. "On n'y croit pas une seconde. Le multiplicateur de un à 15 sur le plan d'investissement, ça ne peut pas marcher", a dit Xavier Timbeau. Il a déploré le recours à des fonds publics déjà prévus par ailleurs et a estimé que "comme on va prendre des projets rentables, on va prendre des projets qui de fait existaient déjà". Les auteurs du rapport soulignent par ailleurs qu'il ne faut pas trop attendre des réformes "structurelles" brandies comme la solution pour doper l'économie européenne, d'autant qu'elles ont souvent pour conséquence d'augmenter le chômage à court terme. Ils estiment que les règles budgétaires européennes doivent être conservées, même si elles sont mauvaises, car elles sont la clé de voûte d'un équilibre difficile à modifier actuellement. Mais "il faut contourner ces règles", a estimé Xavier Timbeau, soulignant que "le plan Juncker a ouvert cette brèche". "Il ne sera pas possible de sortir de la crise et d'envisager une amélioration significative de la situation économique et sociale en respectant à la lettre l'esprit de l'ensemble des règles", lit-on dans le rapport. "Au contraire, il est nécessaire d'exploiter toutes les ambiguïtés juridiques et toutes les clauses d'exemption prévues par le pacte de stabilité", ajoutent ses auteurs. Ils prévoient une croissance économique de 1,4% en Allemagne l'an prochain (après 1,5% cette année), de 1,1% en France (après 0,4%), de 0,5% en Italie (après -0,2%) et de 1,5% dans l'Europe des 28 (après 1,3%). Pour le rapport: http://www.iags-project.org/ressources.htm (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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  • M363422 le mardi 16 déc 2014 à 18:39

    Heureusement il y a encore en Zone euro des "instituts" capables (avec d'autres) de tenir un discours autre que celui de Mme Merkel et de la Buba. Contrer les "fausses évidences" des tenants de l'austérité et de leur exigences de "réformes structurelles", dont on sait ce que cela cache en réalité. Il y a quand même depuis des mois,beaucoup de travaux, recommandations, analyses, allant toutes dans le même sens: une relance par l'investissement public au plan européen.

  • zoila5 le mardi 16 déc 2014 à 16:10

    OFCE, un repaire de socialo... keynésiens !! qui a fait la dette de 2000 milliards ? et partout en europe ? les politiques !! ne les croyez pas quand ils vous disent que c'est de la faute du capitalisme ultra-libéral et des banques, qu'ils contrôlent in-fine !! par leur réglementation étatique et leurs régulateurs.