UE-Cameron promet "le meilleur des deux mondes"

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    par Elizabeth Piper 
    LONDRES, 3 février (Reuters) - Le Premier ministre 
britannique David Cameron a été interpellé mercredi par 
plusieurs membres du groupe conservateur à la Chambre des 
Communes, au lendemain de la publication des projets de réformes 
de l'Union européenne destinés à assurer le maintien du 
Royaume-Uni au sein du bloc.  
    "Pourquoi mon honorable ami de droite a-t-il renoncé à tant 
de promesses et de principes pour rester à l'intérieur" de l'UE 
l'a interrogé Bill Cash.  
    "Mon honorable ami de droite a une quinzaine de jours pour 
sauver sa réputation de négociateur", a quant à lui déclaré 
Jacob Rees-Mogg, évoquant le Conseil européen des 18 et 19 
février au cours duquel les réformes doivent être entérinées.  
    Les mesures proposées mardi par Donald Tusk, leur a répondu 
David Cameron, vont permettre à la Grande-Bretagne de profiter 
"réellement du meilleur des deux mondes".  
    Il devra également convaincre les membres de son 
gouvernement, dont certains n'excluent pas de faire campagne 
pour le "non". 
    Selon Liam Fox, ancien secrétaire à la Défense et 
eurosceptique influent à Westminster, cinq sont prêts à le 
faire. David Cameron a promis de laisser ses ministres mener 
campagne comme ils l'entendent une fois qu'un accord aura été 
conclu avec Bruxelles. 
    D'autres personnalités du Parti conservateur, à commencer 
par le maire de Londres, ont eux aussi fait part de leurs 
doutes. "Beaucoup vont penser qu'il reste encore beaucoup à 
faire", a dit Boris Johnson. 
     
    "TAS DE FUMIER NAUSÉABOND" 
    Une partie de la presse britannique accuse même le Premier 
ministre d'être à la solde Bruxelles. 
    Le Sun, quotidien le plus vendu en Grande-Bretagne, qualifie 
l'accord soutenu par le dirigeant conservateur de "tas de fumier 
nauséabond", tandis que d'autres évoquent une "mascarade", "une 
farce", ou encore "un délire". 
    Le pré-accord présenté mardi par le président du Conseil 
européen Donald Tusk prévoit notamment que Londres pourra 
suspendre le versement de prestations sociales aux 
ressortissants de l'UE arrivés depuis peu dans le Royaume-Uni 
pour y travailler.  
    Le Royaume-Uni disposerait également au côté d'autres pays 
d'un nouveau mécanisme permettant à un groupe équivalant à au 
moins 55% des Etats membres de faire obstacle ou de demander des 
amendements à de nouvelles législations européennes et Londres 
ne serait pas tenu de renforcer son intégration au sein de 
l'Union européenne.   
    Si l'accord est entériné par les 27 autres membres de l'UE 
lors du prochain Conseil européen, Cameron a promis de faire 
campagne en faveur du "oui" lors d'un référendum sur le maintien 
au sein de l'UE qui pourrait se tenir dès juin, ajoutant que les 
nouvelles conditions étaient "si bonnes" qu'il militerait pour 
rejoindre l'UE si le pays n'en était pas déjà membre. 
    Une grande partie de la presse, à droite, lui reproche 
d'avoir lâché prise sur deux des questions les plus importantes 
aux yeux des électeurs: l'immigration et le retour de certains 
pouvoirs transférés à l'UE. 
    "L'accord de Bruxelles ne fait rien pour arrêter les 
migrants, ni pour regagner des pouvoirs pour la 
Grande-Bretagne", écrit le Sun, détenu par le magnat de la 
presse Rupert Murdoch, tandis que le Daily Mail, proche des 
conservateurs, accuse Cameron d'être un illusionniste qui "vend 
les intérêts du pays". 
    L'accueil est bien plus favorable dans les capitales 
européennes, notamment à Bruxelles où le président de la 
Commission européenne a estimé qu'il s'agissait d'un accord 
juste pour toutes les parties impliquées. 
    "J'ai toujours dit que je souhaitais que le Royaume-Uni 
reste membre de l'Union européenne sur la base d'un accord 
équitable. Ce qui a été proposé est juste pour le Royaume-Uni et 
juste pour les 27 autres Etats membres", a déclaré Jean-Claude 
Juncker. 
    La France a quant à elle fait du respect des traités 
européens et de la non interférence de la Grande-Bretagne dans 
la zone euro ses lignes rouges dans les discussions avec 
Londres.   
 
 (Julie Carriat, Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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