UE-Barroso chez Goldman Sachs, pas d'infraction pour le comité d'éthique

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    * Le comité d'éthique de la Commission critique le transfert 
    * Mais il affirme que les règles actuelles n'ont pas été 
violées 
    * L'Ombudsman européen envisage une enquête 
 
    BRUXELLES, 31 octobre (Reuters) - José Manuel Barroso n'a 
violé aucune règle en étant recruté par la banque d'affaires 
américaine Goldman Sachs  GS.N  mais l'ancien président de la 
Commission européenne n'a pas fait preuve d'un "bon jugement", 
selon l'avis du comité d'éthique de l'exécutif de l'UE rendu 
public lundi. 
    Son successeur Jean-Claude Juncker a ouvert en septembre une 
enquête sans précédent sur ce dossier dans le but de vérifier la 
conformité de cette embauche à la législation européenne. 
    Goldman Sachs a annoncé début juillet avoir recruté José 
Manuel Barroso au poste de conseiller et président non exécutif 
de sa branche internationale basée à Londres. L'ex-chef du 
gouvernement portugais est chargé de conseiller la banque sur le 
Brexit, le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne.  
    Dans une lettre à Jean-Claude Juncker, José Manuel Barroso 
affirme qu'il n'a pas été engagé par Goldman Sachs pour faire du 
lobbying et qu'il a été recruté avant le référendum britannique. 
    Le comité d'éthique reconnaît tout d'abord que la "période 
de refroidissement" réglementaire de 18 mois pendant laquelle un 
commissaire ne peut accepter un travail portant sur des dossiers 
qu'il avait à connaître à Bruxelles a été respectée. 
    Ses membres soulignent qu'ils n'auraient donc théoriquement 
même pas dû être consultés mais que Jean-Claude Juncker a saisi 
le comité de manière "exceptionnelle". 
    Cette instance note que l'ancien président de la Commission 
a été "directement" impliqué dans la gestion de la crise 
financière qui a failli avoir raison de l'euro et dans 
l'élaboration des outils qui ont permis de le sauver. 
    "Son expérience et ses connaissances sur ces matières seront 
précieuses pour Goldman Sachs", écrit le comité qui rappelle 
l'émoi provoqué par les méthodes jugées "agressives" de la 
banque américaine et son rôle présumé dans la crise. 
     
    LA RÉPUTATION DE LA COMMISSION TERNIE  
    "M. Barroso aurait dû être conscient et informé qu'en 
agissant ainsi il déclencherait des critiques et risquerait de 
nuire à la réputation de la Commission, et de l'Union en 
général. Dans le cas inverse, il aurait en l'occurrence fait 
preuve de négligence", ajoutent ses trois membres. 
    "Il n'a pas fait preuve du bon jugement que l'on pourrait 
attendre de quelqu'un qui a occupé un poste à haute 
responsabilité pendant de si longues années." 
    Mais le comité estime que tout cela est "insuffisant pour 
établir que M. Barroso a violé son devoir d'intégrité et de 
discrétion", et qu'"aussi longtemps" que Goldman Sachs "respecte 
les règles de droit, il n'est pas en soi illégal d'accepter de 
travailler pour la banque". 
    L'affaire Barroso est d'autant plus sensible qu'elle 
intervient au moment où l'UE doit lutter contre la perception du 
public qui la voit comme une pièce du capital mondial après la 
décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne. 
    Le président français François Hollande avait jugé le 14 
juillet dernier que le recrutement annoncé de José Manuel 
Barroso, était "moralement inacceptable".  
     Emily O'Reilly, l'Ombudsman européen chargé de faire le 
lien entre les citoyens et les institutions, affirme que, de ses 
récents contacts avec la Commission, elle retient que l'exécutif 
européen ne compte pas réviser le code de conduite. 
    Elle envisage dans un communiqué d'ouvrir une enquête. 
    Le comité d'éthique comprend trois membres : un ancien juge 
néerlandais à la Cour de justice de l'Union, un social-démocrate 
allemand ancien membre du Parlement européen et un ancien haut 
responsable autrichien à la Commission européenne. 
    Selon les traités européens, les anciens commissaires qui 
n'agissent pas avec intégrité dans leurs prises de fonctions 
après avoir quitté la Commission peuvent être privés de leurs 
droits à la retraite. 
    José Manuel Barroso a été président de la Commission 
européenne entre 2004 et 2014 après avoir été Premier ministre 
du Portugal en 2002-2004. 
 
 (Yves Clarisse, édité par Sophie Louet) 
 

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