UE/Banques-Les tests montrent que des efforts restent à faire

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    * Monte Paschi a annoncé un plan de sauvetage avant les 
résultats 
    * L'ABE dit qu'il faut faire encore améliorer les fonds 
propres 
    * Les banques globalement plus résistantes à une éventuelle 
crise 
 
 (Actualisé avec précisions, réactions) 
    par Huw Jones et Andrew MacAskill 
    LONDRES, 29 juillet (Reuters) - Des banques en Italie, 
Irlande, Espagne et Autriche ont obtenu les plus mauvais 
résultats aux tests de résistance des principales banques 
européennes, conduits sous l'égide de l'Autorité bancaire 
européenne (ABE) et rendus publics vendredi.     
    Huit ans après la faillite de Lehman Brothers qui a entraîné 
une grave crise du secteur bancaire mondial, l'ABE a souligné 
qu'il restait des efforts à faire pour relancer le crédit au 
sein de l'Union européenne, où de nombreuses banques restent 
entravées par des milliards d'euros de créances douteuses. 
    "Bien qu'un certain nombre de banques individuelles aient 
clairement eu de mauvais résultats, la conclusion globale de 
l'Autorité bancaire européenne - à savoir que les banques 
européennes résisteraient bien à une autre crise - est 
encourageante", estime toutefois Anthony Kruizinga chez PwC. 
    La banque italienne Monte dei Paschi  BMPS.MI , 
l'autrichienne Raiffeisen  RBIV.VI , l'espagnole Banco Popular, 
ainsi que deux des principales banques irlandaises, ont obtenu 
les plus mauvais résultats à l'issue de ces "stress tests".   
    L'ABE, qui a conduit l'examen sur les 51 principaux groupes 
bancaires de l'Union européenne a dit que des efforts devaient 
encore être accomplis pour que le système bancaire européen 
dispose d'une meilleure assise en termes de capitalisation.  
    "Si nous reconnaissons l'importance des levées de fonds 
propres réalisées jusqu'à présent, ce n'est pas un bulletin de 
bonne santé", a dit le président de l'ABE Andrea Enria dans un 
communiqué. "Il y a encore des efforts à faire." 
     
    UNICREDIT PRÊTE À PRENDRE DE NOUVELLES MESURES 
    UniCredit  CRDI.MI , la première banque italienne, figure 
elle aussi parmi les banques ayant fini les tests avec le plus 
faible ratio de fonds propres durs (CET 1). Elle a dit qu'elle 
verrait avec les autorités de supervision s'il lui fallait 
prendre de nouvelles mesures de renforcement de son capital. 
    Les deux plus grandes banques allemandes, Deutsche Bank 
 DBKGn.DE  et Commerzbank  CBKG.DE , font également partie des 
12 banques qui se sont avérées les plus fragiles dans les tests, 
avec leur concurrente britannique Barclays  BARC.L . 
    Les résultats ont été annoncés après que Monte dei Paschi di 
Siena, la plus vieille banque du monde, a annoncé vendredi un 
plan de sauvetage de la dernière chance qui prévoit une 
augmentation de capital de cinq milliards d'euros et la cession 
de créances douteuses pour 9,2 milliards d'euros.   
    Les tests de l'ABE, qui visaient à mesurer la capacité des 
principales banques de l'UE à résister à un choc économique 
théorique sur une durée de trois ans, ont fait ressortir que 
dans ce scénario défavorable simulé, la banque italienne 
présenterait un ratio de fonds propres durs négatif de 2,44%.  
    Cette série de tests est la troisième conduite sur les 
banques de l'UE depuis la crise financière de 2008 qui avait 
nécessité le renflouement sur fonds publics de banques dans 
plusieurs pays du bloc. Mais cette fois, ils ne comportaient pas 
de seuil d'échec ou de réussite.  
    Les analystes ont fixé un seuil officieux de succès 
correspondant à une ratio de fonds propres durs de 5,5%, le 
plancher retenu lors des tests conduits l'année dernière.     
     Les tests reposaient sur des scénarios incluant une chute 
du produit intérieur brut de l'Union européenne de 7,1% par 
rapport au scénario de référence sur les trois prochaines années 
et sur une baisse de 20% des revenus d'intérêt.  
     
    IMPACT DES LITIGES SUR LES FONDS PROPRES 
    Comme Monte dei Paschi, l'irlandaise Allied Irish Banks 
affiche un ratio inférieur au plancher officieux, à 4,31%.  
    Les investisseurs surveilleront aussi de près les 
établissements qui affichent un ratio de fonds propres rapportés 
aux risques pondérés des actifs inférieur à 7%, seuil de 
déclenchement des dépréciations des obligations subordonnées 
émises par les banques pour renforcer leurs fonds propres.  
    Banco Popular, Bank of Ireland et Raiffeisen ont toutes les 
trois terminé les tests avec un ratio inférieur à ce niveau, à 
6,62%, 6,15% et 6,12% respectivement.  
    Deutsche Bank et Commerzbank ont toutes deux affiché un 
ratio inférieur à 8%, même si Deutsche Bank a affirmé que le 
sien atteindrait au moins 12,5% d'ici la fin de 2018. 
    Sur les 51 banques concernées, 37 étaient basés dans la zone 
euro et supervisées par la Banque centrale européenne (BCE), qui 
a dit que ces tests reflétait un secteur bancaire mieux armé. 
    "Le secteur bancaire est aujourd'hui plus résistant et peut 
bien mieux absorber les chocs économiques qu'il y a deux ans", a 
dit Danièle Nouy, responsable de la supervision à la BCE. 
    Avant les tests, les 51 groupes bancaires testés affichaient 
un ratio de fonds propres durs combinés de 12,6%, après prise en 
compte de toutes les exigences en matière de capitaux.  
    A la fin des tests, le ratio combiné était tombé à 9,2%, 
soit une baisse de 340 points de base, représentant l'équivalent 
de 226 milliards d'euros de fonds propres. 
    Pour la première fois, les tests de résistance prenaient en 
compte les conséquences de comportements à risque des 
établissements bancaires comme les amendes et implications 
financières d'accords amiables sur les fonds propres pendant la 
durée retenue pour les tests.  
    L'ABE a précisé que l'impact sur les fonds propres de ces 
comportements à risque se chiffrait à 350 milliards d'euros sur 
l'ensemble des banques concernées.  
     
    A lire aussi: 
    ENCADRE-Les résultats des tests de résistance:    
    Les résultats des tests de résistance sur le site internet 
de l'Autorité bancaire européenne : http://bit.ly/2a5MWXE 
    BREAKINGVIEWS-EU bank stress test has no failure but some 
losers:   
 
 (Huw Jones et Andrew MacAskill, Marc Joanny pour le service 
français, édité par Juliette Rouillon) 
 

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