UE-Accord sur un mécanisme de suspension des exemptions de visas

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    BRUXELLES, 20 mai (Reuters) - Les ministres européens de 
l'Intérieur se sont prononcés vendredi pour l'adoption d'un 
mécanisme de suspension rapide des exemptions de visas accordées 
à des pays tiers et ont exclu d'allonger à court terme la liste 
des bénéficiaires, du fait des craintes suscitées par la crise 
migratoire.  
    L'Union a promis d'exempter les Turcs de visas pour les 
courts séjours, dans le cadre de l'accord sur les migrants 
conclu en mars avec Ankara, mais elle réclame au préalable une 
réforme de la législation antiterroriste, ce que le gouvernement 
turc a exclu et les négociations sont dans l'impasse. 
  
    Plusieurs Etats membres craignent en outre d'ouvrir leurs 
frontières à 79 millions de Turcs, musulmans à 97%.  
    Pour dissiper ces craintes, un mécanisme de suspension 
rapide de l'exemption a donc été imaginé. La mesure, approuvée 
vendredi par les ministres, est également soutenue au Parlement 
européen, dont l'aval est nécessaire.  
    "L'exemption de visas présente de grands avantages pour l'UE 
et les pays tiers. Nous devons toutefois (...) nous assurer 
qu'elle ne provoque pas d'abus. Je suis ravi que nous nous 
soyons entendus aujourd'hui sur un mécanisme qui facilite 
l'action contre ces abus", a déclaré Klaas Dijkhoff, ministre 
néerlandais de l'Immigration, dont le pays occupe la présidence 
tournante de l'UE.  
    L'exemption de visas concerne pour le moment une soixantaine 
de pays, dont le Japon, les Etats-Unis, la Corée du Sud, le 
Venezuela, Israël et le Canada. L'UE est par ailleurs en 
discussions avec l'Ukraine, la Géorgie et le Kosovo, en plus de 
la Turquie.  
    Pour le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de 
Maizière, aucun nouveau pays ne doit être ajouté à la liste des 
bénéficiaires tant que le mécanisme de suspension n'est pas 
entré en vigueur. Son homologue français Bernard Cazeneuve a 
quant à lui estimé que l'ajout des quatre Etats en discussions 
avec Bruxelles n'était pas une question de semaines ni de mois.  
 
 (Gabriela Baczynska, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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