UBS va supprimer 10.000 postes

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UBS VA SUPPRIMER 10.000 POSTES
UBS VA SUPPRIMER 10.000 POSTES

ZURICH (Reuters) - UBS a dévoilé mardi un plan visant à cesser ses activités dans l'obligataire et annoncé la suppression de 10.000 postes, un plan social sans précédent depuis l'effondrement de la banque américaine Lehman Brothers en 2008.

Une fois ce plan achevé, la banque helvétique concentrera ses activités sur son métier de banque privée, avec une présence remodelée dans la banque d'investissement.

Le directeur général du groupe Sergio Ermotti, en place depuis seulement 13 mois, est à l'origine de cette réorganisation qui vise à économiser 3,4 milliards de francs suisses (2,8 milliards d'euros) en plus du plan d'économies de deux milliards déjà en place et à restituer du cash aux actionnaires.

Le plan doit aussi permettre à la banque d'atteindre un rendement annuel de ses fonds propres d'au moins 15% à compter de 2015 en ramenant son coefficient d'exploitation entre 60% et 70%.

La banque isolera de nombreuses activités obligataires afin de réduire ses positions dans les lignes de métier dont elle entend sortir en raison de leur manque de rentabilité liée à l'introduction de nouvelles règles de capitalisation à la suite de la crise financière.

Carsten Kengeter, qui co-dirige actuellement la division banque d'investissement, quittera les instances dirigeantes d'UBS pour prendre la tête du portefeuille d'activités et de positions abandonnées.

Le reste des activités de banque d'investissement qui comprendront les actions, l'analyse financière, le conseil, les changes et les métaux précieux, sera dirigé par Andrea Orcel, l'autre co-dirigeant de la banque d'investissement dans sa configuration actuelle et récent transfuge de Bank of America, recruté par Sergio Ermotti.

"L'impact net de tous ces changements sera de transformer l'entreprise", écrit Sergio Ermotti dans une lettre aux actionnaires. "Nos résultats seront dans l'ensemble moins volatils, plus constants et de meilleure qualité".

La réorganisation équivaut à la suppression d'environ 15% des effectifs actuels de la banque qui passeront de 63.754 actuellement à 54.000, à l'horizon 2015.

Environ 2.500 suppressions de postes seront réalisées en Suisse, le solde concernant principalement les opérations d'UBS à Londres et aux Etats-Unis où la banque dispose d'une importante plate-forme de trading à Stamford dans le Connecticut.

Le redimensionnement de la banque d'investissement renforcera le poids de la banque privée qui avec 1.600 milliards de dollars d'actifs sous gestion occupe le deuxième rang mondial sur ce marché derrière Bank of America.

L'action UBS, qui avait bondi de 7,3% lundi avant l'annonce de cette restructuration a ouvert en hausse de 2,9% à la Bourse de Zurich avant d'accentuer ses gains pour progresser de 5,26% à 13,81 francs à 10h00.

"C'est une bonne décision d'abandonner des activités qui ne rapportent rien et de se concentrer sur celles qui créent de la valeur pour les actionnaires", a déclaré Rainer Skierka, analyste à la Banque Sarasin dont la recommandation sur UBS est à "neutre".

LA BANQUE D'INVESTISSEMENT EN PERTES

UBS a été l'une des banques la plus touchées par la crise financière avec des pertes de près de 50 milliards de dollars pour ses activités obligataires et son exposition aux subprimes avait nécessité un renflouement par les autorités suisses en 2008.

A peine UBS était-elle parvenue à regagner la confiance de ses clients après le règlement d'un coûteux contentieux avec le fisc américain en 2009 qu'elle était frappée par un scandale de pertes de trading de 2,3 milliards de dollars dévoilé en septembre 2011.

Le procès de Kweku Adoboli, l'ancien trader de la banque accusé de fraudes et de faux en écriture pour lesquels il plaide non-coupable, est en cours à Londres.

UBS dit vouloir distribuer plus de 50% de ses profits à ses actionnaires à partir de 2015 après leur avoir servi un dividende symbolique de 10 centimes de franc suisse l'année dernière. Elle a mis des fonds en réserve au troisième trimestre pour le paiement cette année d'un dividende dont le montant n'a pas été précisé, selon des propos tenu à des journalistes par le directeur financier Tom Naratil.

Les coûts liés à la séparation d'une partie des activités de banque d'investissement, qui s'ajoutent aux dépréciations passées par la banque, se traduiront par une perte au titre du quatrième trimestre et sur l'ensemble de l'exercice.

L'activité de banque privée est elle aussi confrontée à une diminution de ses profits, subissant les conséquences de la remise en cause du secret bancaire par les autorités de plusieurs pays soucieux d'améliorer leurs rentrées fiscales.

La collecte nette de cette division a toutefois atteint 7,7 milliards de francs au troisième trimestre, soit les entrées nettes les plus élevées depuis cinq ans pour un troisième trimestre, traditionnellement affecté par la trêve estivale.

Le principal concurrent d'UBS, Creduit suisse a lui aussi annoncé la semaine dernière des économies supplémentaires pour améliorer sa rentabilité et renforcer ses fonds propres.

UBS a accusé une perte nette de 2,17 milliards de francs, alors que le consensus Reuters anticipait un bénéfice net de 457 millions de francs.

La banque vise une réduction de ses actifs pondérés en fonction des risques à 200 milliards de francs à la fin 2017 contre 301 milliards à fin septembre.

Katharina Bart, Nicolas Delame et Marc Joanny pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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  • techluxo le mardi 30 oct 2012 à 12:06

    bonjour , lol pas une surprise , faut qu'il paie pour leur erreurs c'est voleursde banksters , eh faut pas que toujour les mémes paie le contribuables

  • lelis le mardi 30 oct 2012 à 11:31

    10.000 chômeurs de plus, mais surtout 10.000 emplois débiles de moins. On parle toujours des fonctionnaires 'inutiles" mais, tiens, pas de réflexion ici sur les emplois NUISIBLES à l'ensemble de la société et au système économique mondial. Comme c'est bizarre...