UBS modifie sa structure juridique

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UBS MODIFIE SA STRUCTURE JURIDIQUE
UBS MODIFIE SA STRUCTURE JURIDIQUE

par Katharina Bart

ZURICH (Reuters) - UBS a annoncé mardi son intention de modifier sa structure juridique afin de permettre un démantèlement plus aisé en cas de crise, réduisant le montant des réserves nécessaires pour couvrir des pertes éventuelles suivant le droit suisse et dégageant ainsi les ressources nécessaires au paiement d'un dividende spécial.

"La société prévoit de modifier sa structure juridique de manière à renforcer sa capacité d'assainissement et de liquidation en réponse aux évolutions des exigences en matière réglementaire à l?échelle mondiale. Cela lui permettra aussi d?améliorer son potentiel de restitution de capital", souligne la banque dans un communiqué.

UBS compte établir une société holding par le bais d'une offre d'échange d'actions, destinée à scinder ses entités plus facilement dans le cas où l'une connaîtrait des difficultés et ce afin de ne pas mettre en danger l'ensemble du groupe.

Il s'agit ainsi d'éviter de répéter la situation de 2008, lorsque le contribuable avait dû mettre la main à la poche pour renflouer l'établissement à la suite de lourdes pertes aux Etats-Unis.

Pour convaincre les actionnaires d'adhérer à son plan, UBS compte leur proposer un dividende spécial et ponctuel de 0,25 franc suisse par action au moins. La banque compte boucler l'offre d'ici la fin de l'année.

Le projet n'exige pas de la banque qu'elle lève de nouveaux fonds propres et ne devrait pas affecter de manière tangible sa capacité à générer du capital, estime e la banque.

Cette dernière n'est pas loin d'atteindre son objectif de verser la moitié de son bénéfice aux actionnaires, si elle peut maintenir son ratio de capital - actuellement de 13,2% suivant les règles de Bâle III - à ses niveaux actuels, voire au-dessus jusqu'à la fin de l'année, et si elle atteint un ratio de 10% suivant ses propres tests de résistance.

BONNE TENUE DE L'ACTION UBS

Augmenter les dividendes est l'un des buts du plan triennal suivi par UBS consistant à réduire la taille de sa banque d'investissement et à renoncer aux activités les plus risquées comme le trading obligataire.

Cette dernière activité également pesé sur les comptes de la concurrente Crédit Suisse et sur ceux de Barclays.

Il y a plus d'un an et demi, UBS annonçait qu'elle licencierait 10.000 personnes dans le cadre d'un plan de recentrage sur la banque privée, dont elle veut tirer l'essentiel de ses bénéfices à l'avenir.

Elle est revenue mardi sur l'objectif de coupes claires dans les effectifs, déclarant qu'elle comptait encore réduire les dépenses, de 2,1 milliards de francs supplémentaires, mais ajoutant que cette réduction pourrait ne pas correspondre directement aux 10.000 licenciements annoncés en 2012.

La banque a déjà réduit de moitié les actifs risqués, progressant plus vite que prévu et ralliant les investisseurs à son offensive.

L'action, qui gagne près de 1% en matinée, affiche un gain de près de 46% depuis l'annonce du plan de restructuration fin 2012 contre une progression de plus de 36% de Crédit Suisse, qui a choisi elle de conserver l'activité de banque d'investissement. L'indice des bancaires européennes progressait lui de plus de 30% dans le même temps.

Outre la holding suisse, UBS compte créer une filiale britannique distincte et une holding pour ses opérations aux Etats-Unis.

UBS a annoncé ses projets, agréés par les autorités compétentes suisses, à l'occasion de la publication d'une hausse, plus marquée que prévu, de 7% de son bénéfice net du premier trimestre, à 1,05 milliard de francs suisses (862 millions d'euros). Les analystes anticipaient un bénéfice de 905 millions.

Pour autant, ce résultat est surtout dû à une réduction des coûts et à une fiscalité moins lourde, alors que les segments banque d'investissement et gestion de fortune ont vu leurs résultats fléchir.

La banque a confirmé son objectif d'un rendement des fonds propres de 15% d'ici 2016 contre 8,7% actuellement.

Le bénéfice de la banque d'investissement s'est réduit de près de moitié, en raison surtout d'une mauvaise performance dans le trading boursier, tandis que celui de la banque privée a diminué de plus de 4%.

La banque vise un bénéfice imposable de plus d'un milliard de francs tiré de la gestion d'actifs à moyen terme contre 576 millions en 2013.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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