UBS France optimiste malgré ses déboires judiciaires

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UBS FRANCE OPTIMISTE MALGRÉ SES DÉBOIRES JUDICIAIRES
UBS FRANCE OPTIMISTE MALGRÉ SES DÉBOIRES JUDICIAIRES

par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - UBS France estime qu'à sa connaissance ses activités ont été conformes à la loi ces dernières années et fera certainement appel d'une sanction de 10 millions d'euros infligée mercredi par l'ACP, a déclaré son président Jean-Frédéric de Leusse, lors d'une interview à Reuters.

Sommés de mettre de l'ordre dans leurs finances publiques, les Etats s'emploient un peu partout dans le monde à durcir leur législation contre l'évasion fiscale.

La France est particulièrement sous pression depuis que l'ancien ministre du Budget Jérôme Cahuzac s'est vu contraint à la démission après la révélation d'un compte bancaire caché en Suisse.

UBS est soupçonnée d'avoir approché des fortunes françaises dans les années 2000 en vue de leur proposer des placements en Suisse non déclarés. Trois anciens et actuels responsables d'UBS France sont mis en examen dans ce dossier.

En tant que personne morale, UBS a été mise en examen pour complicité présumée de démarchages illicites.

Le collège de l'Autorité de contrôle prudentiel, qui dépend de la Banque de France, a de son côté décidé de prononcer un blâme assorti d'une sanction de 10 millions d'euros à l'encontre d'UBS France, notamment pour avoir tardé à mettre en place les contrôles et procédures d'encadrement suffisants.

"J'envisage fortement de faire appel après avoir analysé la décision (de l'ACP, NDLR) et les problèmes juridiques qu'elle peut poser", a fait valoir Jean-Frédéric de Leusse, qui a pris ses fonctions après le début de l'affaire.

La société a deux mois pour déposer un recours.

De fait, le montant de cette sanction est le plus important jamais prononcé par l'ACP depuis sa création en 2010.

Une amende de 20 millions d'euros visant la Caisse nationale des caisses d'épargne (CNCE) prononcée en 2009 par la Commission bancaire, l'ancêtre de l'ACP, avait été annulée par le Conseil d'Etat.

Sur son blog, le rapporteur général du Budget, le député PS de Meurthe-et-Moselle Christian Eckert, souligne que l'amende administrative aurait pu aller jusqu'à 100 millions d'euros et qu'elle ne préjuge pas d'une sanction pénale ultérieure.

"NOUS COOPÉRONS"

Interrogé sur la procédure judiciaire, Jean-Frédéric de Leusse a répondu : "Nous coopérons entièrement avec le juge et nous justifions, opération par opération, que ce qui a été fait dans cette maison a été conforme à la loi. A ce jour, je n'ai pas relevé d'opérations qui posent problème."

UBS France entend poursuivre son développement et veut croire que son activité, rentable depuis le début de l'année, n'a pas été trop perturbée.

"S'agissant de nos très grands clients, nous développons une approche au sein de laquelle les équipes de la banque privée et celles de la banque d'investissement sont complètement coordonnées", a indiqué Jean-Frédéric de Leusse.

Les encours sous gestion d'UBS France, a-t-il dit, atteignent désormais 9,3 milliards d'euros, un chiffre en hausse de 18% sur un an, et la banque espère gagner des parts de marché au cours des prochains mois face à d'autres banques privées très actives en France comme Neuflize OBC ou JPMorgan.

UBS France, qui a récemment réduit ses effectifs de 5%, assure ne pas envisager de restrictions de coûts supplémentaires.

Edité par Dominique Rodriguez

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