UBS affiche une lourde perte au 4e trimestre

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UBS ANNONCE UNE LOURDE PERTE AU 4E TRIMESTRE
UBS ANNONCE UNE LOURDE PERTE AU 4E TRIMESTRE

par Katharina Bart

ZURICH (Reuters) - UBS a annoncé mardi une lourde perte trimestrielle, sous le coup d'une amende pour sa participation au scandale du Libor et de charges de restructuration, et sa division de banque privée, désormais au coeur de sa stratégie, a attiré moins d'argent frais que ce qu'anticipaient les investisseurs.

La perte est cependant moins forte qu'attendu et la première banque suisse a décidé de relever son dividende 2012 à 0,15 franc par action contre 0,10 franc au titre de 2011, en se disant confiante dans sa capacité à attirer de l'argent frais.

L'action UBS, en baisse de 3,7% à l'ouverture du marché suisse, a ensuite effacé l'essentiel de ses pertes et, vers 9h45 GMT, elle cède 0,13% à 15,60 francs, à comparer à une hausse de 1,08% pour l'indice du secteur bancaire européen.

Sur les trois derniers mois de 2012, la perte d'UBS est ressortie à 1,89 milliard de francs (1,54 milliard d'euros) alors les analystes interrogés par Reuters l'anticipaient en moyenne à 2,078 milliards.

En octobre, UBS avait annoncé la suppression de 10.000 d'emplois dans le cadre d'une vaste restructuration qui voit la banque suisse se désengager de l'obligataire pour se concentrer sur la banque privée et la gestion de fortune.

Puis, peu avant Noël, le groupe a admis une manipulation du taux Libor perpétrée par une quarantaine de ses collaborateurs, ce qui lui a valu une amende de 1,4 milliard de francs.

Dans la gestion de fortune, les entrées nettes d'argent frais ont totalisé 2,4 milliards de francs au quatrième trimestre, bien en-deçà du consensus qui était de 6,8 milliards.

Les afflux en provenance d'Asie sont restés importants mais les retraits de clients d'Europe occidentale se sont accélérés vers la fin de l'année, a expliqué UBS.

Selon le directeur financier Tom Naratil, le rejet par l'Allemagne d'un accord fiscal avec Berne a contribué aux sorties nettes d'argent par les clients ouest-européens.

Dans les Amériques en revanche, les entrées nettes ont atteint 8,8 milliards de dollars, le double du consensus et un chiffre sans précédent pour un quatrième trimestre depuis 2007.

"Malgré l'absence de progrès concernant certains traités fiscaux bilatéraux, nous sommes confiants dans le fait que nos activités de collecte d'actifs dans leur ensemble continueront d'attirer de nouvelles entrées nettes d'argent frais", souligne UBS dans son communiqué.

RACHAT DE DETTE

UBS a également annoncé son intention de racheter au cours des prochaines semaines pour cinq milliards de francs de propres titres de dette senior, après la diminution de ses liquidités et de ses besoins de financement liée à l'amaigrissement drastique de son activité de banque d'investissement.

La banque avertit que ce rachat en liquide de dette qui avait été émise en euros, en lires italiennes et en dollars US pourrait entraîner un resserrement de ses spreads de crédit et, en conséquence, entraîner des charges "significatives" au premier trimestre.

Les actifs pondérés en fonction des risques ont reculé à 258 milliards de francs contre 301 millions à la fin du troisième trimestre, se rapprochant de l'objectif de 200 milliards fixé pour 2017.

La banque a par ailleurs décidé de réduire de 7% ses primes attribuées en 2012, à 2,5 milliards de francs.

Depuis novembre et l'annonce sa nouvelle stratégie, UBS a gagné 15% en Bourse, surperformant tout juste l'indice sectoriel européen. Le concurrent Credit Suisse, dont la stratégie reste axée autour de la banque d'investissement, a pris 23% depuis cette date.

Credit Suisse publie ses résultats jeudi.

Véronique Tison pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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