UBP continuera de miser sur les actions en 2018

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UBP va continuer de miser sur les actions japonaises, européennes et émergentes en 2018. (Crédit: Adobe Stock)
UBP va continuer de miser sur les actions japonaises, européennes et émergentes en 2018. (Crédit: Adobe Stock)

Fait rare, cette année la reprise de l’économie a été soutenue partout dans le monde tandis que l’inflation est restée relativement faible. Une croissance « synchronisée » alimentée par les politiques monétaires accommodantes des banques centrales et une rigueur budgétaire moins forte qui s’est traduite par une hausse des bénéfices des entreprises. Pas étonnant que dans un ciel boursier sans nuages, les actions aient connu un «fort rally en 2017».  La question est maintenant de savoir si cette tendance va se poursuivre 2018. 

Du côté de l’économie mondiale, UBP reste optimiste et anticipe la poursuite d’une reprise synchronisée compte tenu « du peu de signes de récession à l’horizon ».  UBP conseille donc de continuer à « miser sur les actions pour générer de la performance même si les performances devraient être plus modestes en 2018 » après un bon millésime 2017. Elément à surveiller, la volatilité qui devrait être plus élevée l’an prochain » après une année où elle a brillé par sa faiblesse.

Surpondérer les smalls et mids caps européennes

Du point de vue économique, l’Europe se situe actuellement en phase de milieu de cycle. Conforté par des indicateurs économiques solides, UBP prévoit une bonne cuvée concernant les résultats du premier semestre 2018 avec des bénéfices anticipés en hausse de 15% environ en Europe. Concrètement, cela se traduit par une plus grande exposition aux petites et moyennes capitalisations qui, selon le chef économiste d’UBP Patrice Gautry, « ont encore du potentiel, notamment dans les valeurs domestiques», tandis que dans l’univers large caps, la préférence va pour les valeurs croissance.

Surpondérer les actions émergentes

UBP est également positif sur les économies émergentes dont la croissance devrait rester soutenue en 2018. « Les fondamentaux économiques sont bons et les perspectives bénéficiaires resteront bien orientées en 2018 avec des valorisations qui restent relativement faibles par rapport aux marchés développées » explique la banque suisse. Confiant dans les perspectives, UBP n’a d’ailleurs pas pris ses bénéfices et restera exposée à la zone géographique en 2018.

Pourtant, les freins et incertitudes existent. Il faudra rester attentif « aux marges des entreprises et à l’impact de la politique de la Fed et d‘une remontée des taux » sur les devises locales et les obligations émergentes. Autre risque et non des moindres, le risque politique. A titre d’exemple, l’Amérique latine va entrer dans une intense période en 2018 avec pas moins de 6 élections présidentielles au Chili, Brésil, Mexique Colombie, Costa Rica, Paraguay … La crainte des investisseurs, c’est bien sûr la montée des partis populistes dans les sondages et le risque qu’ils finissent par accéder au pouvoir.  

Sous-pondérer les actions américaines

Pour UBP, après 3% de croissance cette année, l’économie de la première puissance économique mondiale pourrait ralentir le rythme en 2018. Le cycle d’expansion va finir par toucher à sa fin dans un contexte de resserrement de la politique monétaire, ce qui laisse penser que les investisseurs devraient privilégier les actions non américaines. Pour autant et en dépit de valorisations élevées, le marché américain continuera de dégager des performances positives car la conjoncture et la croissance des bénéfices, attendue autour de 10/12%, seront les principaux moteurs de la performance.

« Le Japon reste notre marché favori actions en 2018 »

UBP est particulièrement optimiste sur le pays du soleil levant. Avec une performance de 18,2% comparé à la même période l’an dernier, le Japon s’impose comme le marché le plus performant des pays développés, devant les Etats-Unis (17,2%) et l’Europe (12,7%) et ce malgré la vigueur du yen qui s’est apprécié de 4% contre le dollar depuis de l’année.   Les principaux moteurs de cette surperformance sont les valorisations extrêmement basses. En dépit d’un rally de 20% depuis le début de l’année, » les ratios de valorisation restent tout juste supérieurs à leur plancher historiques», explique Patrice Gautry. Et avec 17% de croissance des bénéfices, le Japon se retrouve dans le peloton de tête des pays développés. Mieux encore, les révisions à la hausse de bénéfices nippons ont été les plus positives et les plus régulières au sein des pays développés. Pourtant, les prévisions de bénéfices du consensus de l’ordre de 6%, sont jugées prudentes par UBP. Les bancaires, la technologie et la consommation discrétionnaires devraient être favorisées par le cycle.

Parmi les risques susceptibles de faire déraper le marché Japonais, Patrice Gautry pointe la hausse de la TVA de 8% à 10%, repoussée à 2018. Après des années de croissance molle et de politique monétaire ultra-accommodante, le Japon tente de réduire l’endettement public en activant le levier des recettes fiscales via une hausse de la TVA, mais le risque c’est de pénaliser la consommation, déjà anémique.

Florentine Loiseau (redaction@boursorama.fr)

 

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