Ubisoft: un coup pour rien... en attendant 2017.

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(CercleFinance.com) - Pschitt ? L'éditeur de jeux Ubisoft a organisé hier à Paris une assemblée générale (AG) qui s'annonçait sous haute tension. Finalement, il ne s'est pas passé grand-chose au Novotel de la porte de Bagnolet : les Guillemot ont conforté leur pouvoir immédiat sur le groupe, sans que Vivendi, pourtant premier actionnaire, ne tente d'action véritablement offensive. Pour l'instant du moins, car la donne pourrait changer en 2017.

A l'issue de l'AG, Ubisoft a crié victoire, ou presque : présidée par le PDG Yves Guillemot, l'AG a selon ce dernier 'exprimé (son) soutien massif à la stratégie et au management d'Ubisoft en approuvant toutes les résolutions de l'AG ordinaire à l'ordre du jour'. Dont le renouvellement des mandats d'Yves et Gérard Guillemot. Pour mémoire, la famille fondatrice Guillemot détient un peu plus de 13% d'Ubisoft, plus de 19% des droits de vote et contrôle les instances dirigeantes.

Quid de Vivendi ? Devenu premier actionnaire du groupe, avec 22,8% du capital et un peu moins des voix - pour l'instant -, le 'conglomédias' dont Vincent Bolloré est le premier actionnaire a franchement joué 'profil bas'. Contrairement à son souhait d'être représenté au conseil d'administration d'Ubisoft, Vivendi n'a pas demandé d'administrateur, ni par écrit avant l'AG, ni en séance comme il le pouvait.

Vivendi a “simplement” pesé sur la partie extraordinaire de cette AG mixte en faisant obstacle aux résolutions 22 à 25, qui portent sur l'attribution d'actions gratuites au management dans son ensemble, mandataires sociaux (dont des Guillemot) compris. Et la rémunération en actions d'un apport en nature. Comment ? Simplement en s'abstenant systématiquement à tous les votes, ce qui a empêché les résolutions concernées d'atteindre le seuil d'acceptation réglementaire - soit, dans le cas d'un AGE, les deux tiers. Mais jamais en votant “contre”.

Bref, Vivendi a à peine bougé : obscur membre du comité de direction le représentant à l'AG, François Bisiaux, directeur du droit boursier et du droit des sociétés, “est resté silencieux pendant toute la réunion”, rapporte un bureau d'études. A en croire le spécialiste, les résolutions rejetées ne changent rien pour Ubisoft, “qui a déjà une autorisation ordinaire pour l'émission d'actions gratuites depuis plusieurs années, et qui par ailleurs a acquis des actions supplémentaires (de Bpifrance) qui pourront être utilisées pour rémunérer les salariés.”

Neutre sur la valeur en visant 36 euros, Natixis estime toujours qu'il est peu probable que Vivendi se lance dans une OPA. Natixis se demandait même si Vivendi ne pourrait pas revendre sa participation dans Ubisoft, sur laquelle sa plus-value ne doit être très éloignée de 50%...

Mais d'autres, comme Bryan Garnier, ne sont pas du même avis. Ces spécialistes rappellent que Vivendi a déjà pris le contrôle d'une autre société des Guillemot, quoique plus petite : Gameloft. Ce qui démontre, selon eux, l'intérêt persistant de Vivendi pour le secteur des jeux vidéos.

Selon Bryan Garnier, au lendemain de cette AG, 'la spéculation autour d'Ubisoft demeure intacte'. Vivendi serait le candidat au rachat jugé le plus 'motivé'. Non représenté au 'board', il n'aurait donc d'autre solution, pour prendre le contrôle d'Ubisoft, que de lancer une OPA sur cette société valorisée près de 4 milliards d'euros. A quel prix ? Entre 45 et 51 euros par action, estime Bryan Garnier. Quand ? Pas avant avril 2017, afin de ne pas perturber le lancement des nombreux jeux d'Ubisoft attendus d'ici lors.

Rappelons enfin que Vivendi a inscrit au nominatif sa participation au capital d'Ubisoft (ses 22,8%). En conséquence, ses actions 'bénéficieront d'un droit de vote double à partir de 2017'. A suivre.

EG


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