UberPOP arrive dans trois nouvelles villes, colère des taxis

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NANTES (Reuters) - Uber, qui permet de commander un véhicule avec chauffeur à partir d'un smartphone dans plus de 250 villes à travers le monde, a lancé lundi son service UberPOP dans trois nouvelles villes de France, provoquant la colère des chauffeurs de taxi.

Ce service de mise en relation entre particuliers disposant d'une voiture et d'autres en recherche d'un conducteur a déjà valu une amende de 100.000 euros au géant californien, mais celui-ci a fait appel du jugement.

Après Paris en 2011, Lyon en 2013, Lille, Bordeaux, Toulouse et Nice en 2014, Uber est ainsi présent depuis lundi à Marseille, Strasbourg et Nantes.

Dans cette dernière ville, entre 80 et 100 chauffeurs de taxi ont ainsi manifesté à la mi-journée devant l'hôtel où Uber organiserait une réunion de recrutement de chauffeurs. Une délégation a également été reçue en préfecture, mais elle n'a pu obtenir l'arrêté d'interdiction qu'elle attendait.

"Notre principale crainte, c'est la concurrence déloyale : ces gens-là ne payent ni charges sociales, ni droit de stationnement sur la voie publique", explique Sébastien Leclair, président de la Chambre professionnelle des artisans-taxis (CPAT) de Loire-Atlantique. "Ils n'ont pas à payer non plus la formation obligatoire : elle nous coûte 2.700 euros, sans compter les remises à niveau périodiques."

La CPAT appelle ainsi les chauffeurs de taxi à "durcir la grève" mardi à Nantes, avec de possibles actions de blocage du périphérique et du centre-ville nantais.

Selon Uber, UberPOP ne fait que préfigurer le déploiement imminent d'un service de VTC (Véhicules de tourisme avec chauffeur) dans ces trois villes, puisqu'il ouvre la voie à la "professionnalisation" de certains particuliers.

Le Conseil constitutionnel a validé le 22 mai dernier l'interdiction pour les VTC de pratiquer la "maraude", qui consiste à stationner et à circuler en quête de clients, et l'obligation dite du "retour à la base" pour ces véhicules entre deux clients, a annoncé l'institution vendredi.

Les "Sages" ont validé l'interdiction faite aux VTC "d'informer un client à la fois de la localisation et de la disponibilité d'un véhicule lorsqu'il est situé sur la voie publique", tout en soulignant que cette interdiction n'empêche pas de fournir l'une ou l'autre de ces informations.

Ils ont de même validé l'obligation pour un VTC venant d'achever une prestation de retourner au lieu d'établissement de l'exploitant du VTC ou dans un lieu, hors de la chaussée, où le stationnement est autorisé, sauf s'il justifie d'une autre réservation préalable, une obligation dite du "retour à la base", contestée par Uber.

En revanche, le Conseil a censuré l'interdiction pour les VTC de pratiquer certains modes de tarification, en particulier la tarification horokilométrique utilisée par les taxis.

(Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

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