Uber songe à écarter son DG et à changer de méthodes-source

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    par Joseph Menn et Heather Somerville 
    SAN FRANCISCO, 11 juin (Reuters) - Le conseil 
d'administration d'Uber Technologies  UBER.UL  va réfléchir ce 
dimanche à une mise à l'écart provisoire de Travis Kalanick, le 
directeur général de la plateforme de véhicules de tourisme avec 
chauffeur (VTC), et à une évolution en profondeur des méthodes 
internes à l'entreprise, a-t-on appris d'une source informée de 
ces projets. 
    Les administrateurs évoqueront la possibilité que Travis 
Kalanick se mette en congé de l'entreprise, confrontée à une 
dégradation de son image alors qu'elle n'est toujours pas 
rentable. 
    La discussion portera aussi sur une éventuelle réintégration 
de Travis Kalanick, ultérieurement, dans un nouveau rôle avec 
des attributions revues en baisse, soit en tant que directeur 
général avec des responsabilités moindres et soumis à une 
supervision renforcée, soit à un autre poste, a dit cette 
source. 
    Il n'est pas certain qu'une décision soit prise ce dimanche 
sur une éventuelle évolution du rôle de l'actuel directeur 
général. 
    Le conseil d'administration devrait aussi adopter un certain 
nombre de réformes en matière de politique interne à 
l'entreprise et de méthode de gestion sur la base de 
recommandations formulées par un cabinet juridique extérieur, 
chargé d'enquêter sur des accusations de harcèlement sexuel et 
plus globalement sur la culture d'entreprise d'Uber. Ce cabinet 
n'a soumis aucune recommandation au sujet de Travis Kalanick. 
    Un porte-parole d'Uber a dit ne pas avoir de commentaire à 
formuler sur le sujet. Travis Kalanick, qui fait lui-même partie 
des sept membres votants du conseil d'administration, n'a pas 
répondu dans l'immédiat aux sollicitations de Reuters. 
     
    MOMENT CHARNIÈRE 
    Cette réunion, qu'Uber n'a pas rendue publique, pourrait 
constituer un moment charnière dans l'histoire de cette 
entreprise, qui, à 70 milliards de dollars (62,5 milliards 
d'euros), affiche la plus haute valorisation au monde pour une 
entreprise non cotée après avoir bousculé dans de nombreux pays 
les marchés très réglementés des taxis. Sa stratégie agressive 
lui vaut toutefois des ennuis juridiques en matière de respect 
des réglementations locales et de traitement de ses chauffeurs. 
    Le conseil d'administration informera probablement mardi les 
employés d'Uber et le grand public de ses décisions, a dit une 
source. 
    Uber a mandaté en février le cabinet juridique de l'ancien 
ministre américain de la Justice Eric Holder après la 
publication sur un blog d'un message d'une ancienne ingénieure, 
Susan Fowler. Cette dernière, qui ne travaille plus chez Uber, 
décrivait des situations qu'elle assimilait à du harcèlement 
sexuel et dénonçait le manque de réaction adaptée de la part de 
la direction. 
    A 40 ans, Travis Kalanick a acquis une réputation de 
dirigeant autoritaire dont l'image a déteint sur celle d'Uber. 
Une vidéo diffusée en février le montre en train de malmener 
oralement un chauffeur de la plateforme. 
    Membre du conseil d'administration, Arianna Huffington a 
ensuite invité en mars Travis Kalanick à renoncer à un style de 
management d'"entrepreneur brouillon" pour adopter celui d'un 
"dirigeant de grande entreprise internationale". 
    Un autre cabinet juridique a publié récemment un rapport 
distinct relatif à des inquiétudes soulevées par certains des 
12.000 employés de la plateforme, qui compte par ailleurs plus 
de 1,5 million de chauffeurs à travers le monde, notamment en 
matière d'harcèlement sexuel, de discrimination ou d'agressivité 
au sein de l'entreprise. 
    Uber a réagi mardi aux conclusions de ce rapport en 
annonçant le limogeage de 20 employés, un renforcement de sa 
politique de formation et l'adoption de nouvelles règles 
internes. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français) 
 
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