Tusk prévient la Turquie que l'UE ne négocie pas sur ses valeurs

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    BRUXELLES, 22 avril (Reuters) - Le président du Conseil 
européen Donald Tusk, qui se rendra samedi en Turquie avec la 
chancelière allemande Angela Merkel, a prévenu le président turc 
Recep Tayyip Erdogan dans une tribune parue vendredi que l'Union 
européenne ne négocierait pas sur ses valeurs. 
    "L'expérience récente avec la Turquie montre que l'Europe 
doit fixer des limites claires à ses concessions. On peut 
négocier sur de l'argent, mais jamais sur nos valeurs", écrit-il 
dans cette tribune publiée par sept journaux, dont Le Figaro.  
    "Nous ne pouvons pas imposer nos règles au reste du monde; 
de la même manière, les autres ne peuvent nous imposer leurs 
normes", poursuit-il. "Nos libertés, y compris la liberté 
d'expression, ne feront l'objet d'aucun marchandage politique 
avec quelque partenaire que ce soit. Ce message doit être 
également entendu par le président Erdogan." 
    Un rapport récent du Parlement européen a émis des critiques 
sur le bilan de la Turquie en matière de droits de l'homme et de 
liberté de la presse. 
    Dépassée par les arrivées massives de demandeurs d'asile, 
l'Union européenne a conclu le 18 mars avec Ankara un accord 
visant à freiner le nombre de migrants et de réfugiés en 
provenance de Turquie en contrepartie d'une aide financière et 
de facilités accordées à Ankara. 
    Donald Tusk et Angela Merkel, qui seront accompagnés par le 
premier vice-président de la Commission européenne, Frans 
Timmermans, se rendront samedi à Gaziantep, non loin de la 
frontière syrienne. 
     
    ARRIVÉES DE NOUVEAU EN HAUSSE EN GRÈCE 
    L'accord controversé du 18 mars prévoit le retour en Turquie 
de toutes les personnes qui arriveront illégalement sur les îles 
grecques de la mer Egée et dont la demande d'asile aura été 
rejetée selon le principe du "un pour un" (pour chaque Syrien 
renvoyé en Turquie depuis les îles grecques, un autre Syrien 
sera réinstallé de la Turquie vers l'UE). 
    En échange, la Turquie a obtenu une aide financière 
supplémentaire de la part de l'Europe -- trois milliards d'euros 
en plus des trois milliards déjà accordés --, la mise en oeuvre 
anticipée de la libéralisation des visas pour les citoyens turcs 
et l'accélération du processus d'adhésion de la Turquie à l'UE. 
    Ankara a menacé de l'annuler si l'UE ne tient pas parole, a 
déclaré en début de semaine le chef de la diplomatie turque, 
Mevlut Cavusoglu.  ID:nL5N17L48A  
    L'Union européenne tiendra ses engagements mais ne 
supprimera les visas pour les ressortissants turcs que si la 
Turquie respecte les critères définis pour tous les pays tiers, 
a répliqué le lendemain Jean-Claude Juncker, le président de la 
Commission européenne.  ID:nL5N17M3FC  
    L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a 
annoncé vendredi que le nombre de migrants arrivant en Grèce 
depuis la Turquie était remonté à environ 150 par jour après 
avoir considérablement diminué dans la foulée de cet accord qui 
entérinait la fermeture de la "route des Balkans". 
    "Les arrivées en Grèce, qui étaient tombées à presque zéro, 
commencent à repartir à la hausse. Au cours des trois derniers 
jours, nous avons enregistré 150 arrivées chaque jour (...). 
Cela montre que la route est à nouveau empruntée", a dit un 
porte-parole de l'OIM lors d'un point presse.  ID:nL5N17P2EF  
 
 (Gabriela Baczynska avec Stephanie Nebehay à Genève; Nicolas 
Delame et Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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