Tusk présente un projet de réformes pour prévenir un "Brexit"

le , mis à jour à 15:44
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 (Actualisé après la présentation du projet de réforme) 
    par Elizabeth Piper et Jan Strupczewski 
    LONDRES/BRUXELLES, 2 février (Reuters) - Le président du 
Conseil européen Donald Tusk a présenté mardi des propositions 
de réforme destinées à maintenir le Royaume-Uni au sein de 
l'Union européenne mais la réaction très mitigée des 
eurosceptiques voire des proches de David Cameron montre que 
rien n'est gagné pour le Premier ministre britannique. 
    Les propositions présentées par Donald Tusk après plusieurs 
jours de tractations avec David Cameron couvrent les quatre 
domaines (législation, zone euro, compétitivité, immigration) 
sur lesquels le dirigeant britannique a réclamé des réformes 
avant de présenter d'ici quelques mois, peut-être dès juin, un 
référendum pour ou contre l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE.  
    S'il obtient gain de cause, David Cameron promet de faire 
campagne en faveur du "oui". 
    "Nous n'avons potentiellement que quelques mois à attendre 
avant d'organiser ce référendum si nous obtenons cet accord", a 
déclaré le Premier ministre britannique.   
    L'ensemble de propositions de Donald Tusk, qui doit encore 
être approuvé par les autres Etats membres de l'UE lors du 
Conseil européen des 18 et 19 février, a été accueilli par les 
railleries des eurosceptiques et par des doutes dans l'entourage 
même du dirigeant conservateur.  
    Il prévoit que Londres pourra suspendre pendant quatre ans 
le versement de prestations sociales aux ressortissants de 
l'Union arrivés depuis peu sur son sol et qui travaillent dans 
le pays.  
    Le Royaume-Uni disposerait également au côté d'autres pays 
d'un nouveau mécanisme lui permettant de bloquer des projets de 
loi européen et ne serait pas tenu de renforcer son intégration 
au sein de l'Union européenne.   
    "Le projet de document de renégociation de l'UE montre de 
réels progrès dans l'ensemble des quatre domaines où le 
Royaume-Uni a besoin de changements mais il reste encore du 
travail", a concédé David Cameron sur son compte Twitter.  
     
    FREIN D'URGENCE 
    Un responsable gouvernemental a souligné que "pour beaucoup 
d'autres pays membres de l'UE, nous sommes plutôt au début des 
négociations qu'à la fin". "Rien n'est convenu tant que les 28 
pays membres ne sont pas tous d'accord", a-t-il rappelé. 
    Le maire de Londres Boris Johnson, pourtant allié de David 
Cameron, a dit douter que ces propositions suffisent à écarter 
le risque d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE ("Brexit").  
    "Je suis sûr que le Premier ministre a négocié très durement 
(...) mais de mon point de vue, cela ne suffira pas et il faut 
aller plus loin", a-t-il déclaré sur Sky News.  
    De nombreux points restent à trancher, à commencer par la 
période pendant laquelle le gouvernement britannique pourra user 
de son "frein d'urgence", c'est-à-dire suspendre les prestations 
sociales des immigrés provenant de l'UE, ou les moyens de 
protéger davantage les intérêts de la City.  
    Les discussions devraient se poursuivre jusqu'au sommet de 
la mi-février, même si certains eurosceptiques estiment que le 
gouvernement et l'UE exagèrent les difficultés de ces 
négociations pour pouvoir présenter la conclusion d'un accord 
comme un succès. 
    "Ce que le gouvernement demande à l'UE est insignifiant. Ces 
propositions ne nous permettront pas de reprendre les commandes 
aux dépens de l'UE", a estimé Matthew Elliott, qui dirige Vote 
Leave, un des groupes militant pour le Brexit.  
    "Ces gadgets ont été ignorés auparavant par l'UE et seront à 
nouveau ignorés car ils ne figureront dans aucun traité." 
    Une porte-parole de David Cameron a assuré que le projet de 
réforme, s'il est approuvé par tous les Etats membres, serait 
"légalement contraignant et irréversible".  
 
 (Eric Faye, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour 
le service français, édité par Tangi Salaün) 
 
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