Tusk ne pourra pas témoigner mercredi en Pologne

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 (Actualisé avec porte-parole de Tusk, Kaczynski) 
    BRUXELLES, 13 mars (Reuters) - L'ancien Premier ministre 
polonais Donald Tusk, reconduit à la présidence du Conseil 
européen en dépit de l'opposition de son pays, ne pourra pas 
répondre à la convocation ce mercredi de la justice polonaise en 
raison d'un conflit d'agenda, a déclaré lundi son porte-parole. 
    Le procureur de Varsovie Michal Dziekanski avait annoncé 
dans la matinée qu'il souhaitait l'entendre en qualité de témoin 
dans le cadre d'une enquête contre d'anciens responsables du 
contre-espionnage militaire. 
    Mais à Bruxelles, un porte-parole de Tusk a déclaré que le 
président du Conseil européen était tenu ce jour-là par ses 
engagements aux Parlement européen. 
    "Le président Tusk a été convoqué en tant que témoin et 
déposera en tant que témoin. Néanmoins, en raison de son 
obligation à informer le Parlement européen après chaque conseil 
européen, il sera mercredi 15 mars à Strasbourg pour la séance 
plénière du Parlement européen", a-t-il expliqué. 
    L'enquête du parquet polonais vise d'ex-dirigeants du SKW, 
le renseignement militaire, accusés d'avoir coopéré avec les 
services de renseignement d'un pays tiers sans l'autorisation 
requise du Premier ministre. 
    Les faits concernés remontent à 2010; à l'époque, Tusk 
dirigeait le gouvernement polonais. 
    Selon les médias polonais, l'enquête porte sur la 
coopération avec les services secrets russes sur le retour de 
soldats polonais déployés en Afghanistan mais aussi sur des 
échanges d'information avec ces mêmes services russes après la 
catastrophe aérienne fatale au président polonais Lech Kaczynski 
en 2010 en Russie. 
    Le frère jumeau de Lech Kaczynski, Jaroslaw, qui dirige le 
parti conservateur Droit et Justice (PiS), au pouvoir à 
Varsovie, tient Tusk pour moralement responsable de la 
catastrophe. 
    Revenant sur la décision des Européens, qui ont reconduit 
jeudi dernier Tusk au poste de président du Conseil européen, 
passant outre les objections de Varsovie, Kaczynski a dénoncé 
lundi un "jeudi noir" dans l'histoire de l'UE. 
    Le chef de file du PiS, qui n'assume pas de fonction 
officielle au sein de l'appareil d'Etat polonais mais exerce une 
forte influence sur le gouvernement, a ajouté que l'objectif 
d'une Europe à deux vitesses, affiché notamment par l'Allemagne 
et la France, conduirait à la désintégration de l'Union 
européenne. 
    Interrogé samedi par le journal tabloïd Super Express, le 
chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski, avait 
prévenu que son pays répliquerait à ce vote "en bloquant 
d'autres initiatives, en jouant un jeu très dur" au sein de 
l'Union européenne.  
    "Il faut que cela soit dit publiquement: la politique de 
l'UE est devenue une politique du deux poids, deux mesures, une 
politique de la tromperie", a-t-il ajouté. 
 
 (Jan Strupczewski avec Marcin Goettig à Varsovie; Henri-Pierre 
André pour le service français) 
 
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