Turquie-Quinze mille fonctionnaires de plus écartés

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 (Actualisé avec nouvelles précisions) 
    ANKARA, 22 novembre (Reuters) - Près de 15.000 autres 
fonctionnaires, militaires et policiers ont été renvoyés et 375 
institutions ainsi que des organes de presse ont été fermés en 
Turquie pour leur liens supposés avec le coup d'Etat manqué du 
15 juillet. 
    Sur les 15.000 personnes renvoyées, près de 2.000 font 
partie des forces armées, environ 7.600 de la police, 400 de la 
gendarmerie et plus de 5.000 sont des agents d'institutions 
publiques, parmi lesquels des infirmières, des médecins et des 
sages-femmes. 
    Les dernières annonces, contenues dans deux décrets, portent 
à plus de 125.000 le nombre de personnes renvoyées ou suspendues 
de leur fonction depuis le coup d'Etat manqué de juillet mis par 
les autorités turques sur le compte de Fethullah Gülen, 
prédicateur musulman qui s'est exilé aux Etats-Unis en 1999.  
    Depuis juillet, au total, 36.000 personnes ont été placées 
en détention en l'attente de leur procès pour leur rôle présumé 
dans ce putsch manqué, qui a fait plus de 240 morts. 
    Fethullah Gülen, opposant au président Recep Tayyip Erdogan 
après avoir été son allié, a démenti être à l'origine du 
complot. 
    Le décret annonce aussi la fermeture de 375 institutions, de 
18 associations caritatives et de neuf organes de presse. Depuis 
le mois de juillet, plus de 130 organes de presse ont été 
contraints de fermer en Turquie. 
    Indépendamment des deux décrets rendus publics, les 
autorités ont émis des mandats d'arrêt mardi contre 60 personnes 
dont des pilotes de l'armée de l'air basés à Konya, dans le 
centre du pays, et soupçonnés d'être liés au camp guléniste. 
    Plus de 300 pilotes ont d'ores et déjà été interpellés ou 
renvoyés depuis la tentative de coup de force, au cours de 
laquelle les putschistes ont utilisé des chasseurs et des 
hélicoptères, mais aussi des chars, pour bombarder le parlement 
et d'autres édifices officiels à Ankara et tenter de s'emparer 
du pouvoir.  
    Les organisations de défense des droits de l'homme accusent 
le président Erdogan de se servir du putsch manqué pour museler 
toute opposition dans le pays qui souhaite pourtant entrer dans 
l'Union européenne. 
 
 (Tuvan Gumrukcu; Danielle Rouquié et Eric Faye pour le service 
français) 
 
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