Turquie-Öcalan prône un congrès du PKK pour préparer la paix

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par Daren Butler DIYARBAKIR, Turquie, 21 mars (Reuters) - Le dirigeant kurde emprisonné Abdullah Öcalan a appelé samedi les membres de sa formation, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), à organiser un congrès afin de mettre un terme à trente années d'insurrection contre le gouvernement turc. "Le combat que mène notre mouvement fondé il y a quarante ans est jalonné de souffrances. Il n'a pas été mené en vain mais il est devenu insoutenable", déclare Öcalan dans un message lu par deux dirigeants lors d'un rassemblement à l'occasion de Norouz, le Nouvel An persan. Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans la ville de Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie, afin d'écouter le message adressé par le chef historique du PKK. "L'histoire et notre peuple nous demandent une solution démocratique et la paix avec la sagesse que donne l'âge", ajoute le dirigeant, plaidant pour la convocation d'un congrès de son parti afin de définir "une stratégie politique et sociale cohérente avec l'esprit de l'époque". Le dirigeant, emprisonné depuis 1999 sur une île au large d'Istanbul, n'appelle toutefois pas ses partisans à mettre immédiatement fin à leur lutte armée. Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait entamé en 2012, alors qu'il était Premier ministre, des discussions avec Abdullah Öcalan pour mettre fin à l'insurrection kurde qui a fait 40.000 morts. Les progrès ont été peu significatifs mais l'influence d'Öcalan parmi les Kurdes est demeurée intacte. Le dirigeant kurde avait décrété il y a deux ans un cessez-le-feu et affirmé dans une déclaration écrite que "le temps était venu pour les armes de se taire et pour la politique de se faire entendre". Les combattants peshmergas s'étaient alors retirés des zones montagneuses qu'ils occupaient en Irak suivant un accord prévoyant un élargissement des droits de leur communauté qui représente 20% de la population turque. Ce retrait avait été interrompu en septembre 2013, le PKK reprochant aux autorités d'Ankara de faire preuve de mauvaise volonté dans la mise en oeuvre de l'accord. Si le cessez-le-feu est globalement respecté, la méfiance demeure grande entre les deux camps. Les Kurdes affirment que la Turquie n'a pas vraiment soutenu les peshmergas lorsque ceux-ci se sont lancés dans la bataille pour reprendre la ville frontalière syrienne de Kobané face aux djihadistes de l'Etat islamique. (Pierre Sérisier pour le service français) ;))

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