Turquie-Les Kurdes du PKK excluent un cessez-le-feu unilatéral

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ANKARA, 17 septembre (Reuters) - Le chef militaire du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a exclu jeudi de proclamer un nouveau cessez-le-feu unilatéral et accusé le gouvernement turc d'avoir relancé le conflit avec les Kurdes à des fins électoralistes. Des centaines de personnes ont été tuées dans des violences quasi quotidiennes entre les deux camps depuis que la trêve entre le PKK et Ankara s'est effondrée en juillet. Alors que des élections législatives cruciales pour l'avenir de la Turquie doivent se tenir dans six semaines, Ankara exige des Kurdes qu'ils déposent les armes et retournent dans leurs camps dans le nord de l'Irak pour reprendre des négociations de paix. "Un cessez-le-feu ne peut être que mutuel", répond Murat Karayilan, qui dirige de fait le PKK depuis l'arrestation de son chef historique, Abdullah Öcalan, dans un entretien accordé à l'agence de presse Firat, proche de son mouvement. "L'expérience nous a montré qu'on ne peut pas obtenir de résultat positif grâce à un cessez-le-feu unilatéral", ajoute celui qui avait décrété la trêve sur le terrain il y a deux ans, à la demande de son chef emprisonné. L'Union des communautés du Kurdistan (KCK), vitrine politique du PKK, s'est dite mercredi favorable à la proclamation d'un cessez-le-feu mutuel et à la reprise des discussions de paix. Ces deux initiatives sont réclamées par l'Union européenne et plusieurs partis turcs, dont le Parti démocratique des peuples (HDP), un mouvement prokurde qui a fait pour la première fois son entrée au Parlement en juin, privant le Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdogan de sa majorité absolue. Dans l'entretien accordé à Firat, Murat Karayilan accuse le chef de l'Etat turc d'être l'instigateur de la reprise du conflit. "Même si nous arrêtons (de nous battre), l'AKP ne le fera pas", affirme-t-il. "Ils continueront la guerre tant que la situation sera à leur avantage. Les conditions d'un cessez-le-feu mutuel ne seront pas réunies avant le 1er novembre", ajoute le chef militaire du PKK en référence aux élections législatives anticipées convoquées par Recep Tayyip Erdogan faute de pouvoir constituer un gouvernement de coalition. (Ece Toksabay; Tangi Salaün pour le service français)

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