Turquie-Le siège d'un parti prokurde attaqué à Ankara

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(Actualisé avec réaction Premier ministre) ANKARA, 8 septembre (Reuters) - Des manifestants se sont attaqués mardi soir au siège du Parti démocratique des peuples (HDP) à Ankara, a fait savoir le mouvement prokurde. La foule a brisé les vitres du bâtiment, a précisé un membre du parti. Aucun représentant des forces de l'ordre n'a pu être contacté. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a dénoncé dans la soirée les attaques contre la presse, les partis politiques et les biens publics et a appelé au calme. "Il est inacceptable d'endommager des locaux de la presse, des bâtiments de partis politiques ou la propriété de citoyens civils", écrit-il sur son compte Twitter. "J'invite tous mes compatriotes au calme et à avoir confiance dans l'Etat", ajoute-t-il. Les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) multiplient les actes de guérilla depuis le début en juillet de la "guerre synchronisée" menée par l'armée turque, ce qui attise la colère des nationalistes à l'égard de la minorité. Cette guerre est censée viser à la fois les djihadistes de l'Etat islamique (EI), jugés responsables d'un attentat suicide commis à Suruç, dans le sud-est de la Turquie, et les combattants kurdes, qui avaient réagi à l'attentat en s'en prenant à des membres des forces de l'ordre accusées d'inertie, voire de collusion. L'offensive de l'armée turque, qui a fait au moins 2.000 morts parmi les séparatistes et une centaine dans les rangs des forces turques, a fait voler en éclats le cessez-le-feu en vigueur depuis 2012. ID:nL5N11E0U6 Le parti prokurde HDP avait réussi lors des élections législatives du 7 juin à franchir pour la première fois de son histoire le seuil des 10% des suffrages et ainsi avoir le droit de disposer de représentants au parlement. Lors de ce scrutin, le Parti de la justice et du développement (AKP, conservateur) au pouvoir a perdu la majorité absolue dont il disposait depuis 2002. Ahmet Davutoglu a tenté en vain de former une coalition avec certaines formations de l'opposition et devant son échec le président turc Recep Tayyip Erdogan a convoqué des élections anticipées pour le 1er novembre. (Gulsen Solaker, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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