Turquie-Le conseiller arménien de Davutoglu a pris sa retraite

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ISTANBUL, 16 avril (Reuters) - Etyen Mahcupyan, un écrivain d'origine arménienne que le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu avait nommé conseiller en chef en octobre dernier, a fait valoir ses droits à la retraite alors que la Turquie prépare le 100e anniversaire des massacres d'Arméniens par les forces de l'Empire ottoman. Son arrivée au cabinet de Davutoglu avait été saluée comme un progrès sur la voie d'une reconnaissance des droits des minorités en Turquie. Mahcupyan a expliqué à l'agence Reuters que son départ n'avait rien voir avec la controverse qui s'est accentuée ces tout derniers jours sur la qualification des crimes de 1915. Après les déclarations du pape François, devenu dimanche le premier chef de l'Eglise catholique à employer publiquement le terme de "génocide", suivies du vote mercredi soir au Parlement européen d'une résolution qualifiant également de génocide le massacre des Arméniens, le président Tayyip Recep Erdogan a déclaré qu'il était "hors de question" de "salir" la Turquie. L'écrivain a précisé avoir fait valoir ses droits à la retraite en mars, après avoir atteint l'âge de 65 ans, l'âge limite dans la fonction publique, et a ajouté qu'il conseillait toujours Davutoglu de manière informelle. Mais l'annonce de son départ, confirmé jeudi par les services du Premier ministre, coïncide avec les critiques dont il fait l'objet au sein même du gouvernement alors qu'il maintient de longue date que les massacres de 1915 relèvent bien du génocide. Les raisons pour lesquelles le gouvernement a attendu un mois avant d'officialiser son départ posent aussi question. Le pouvoir turc reconnaît qu'un grand nombre de chrétiens arméniens sont morts dans des affrontements qui ont éclaté le 24 avril 1915 mais réfute le terme de génocide. Il y a un an, Erdogan, alors Premier ministre, avait présenté ses condoléances aux descendants des Arméniens tués par les troupes de l'Empire ottoman. Dans un communiqué diffusé à la veille du 99e anniversaire du début du massacre, il avait également évoqué des événements aux conséquences "inhumaines" mais aussi insisté sur le fait que ces massacres avaient été commis "indépendamment de la religion ou de l'origine ethnique" des victimes. (voir ID:nL6N0NF4FC ) (Humeyra Pamuk et Ayla Jean Yackley; Henri-Pierre André pour le service français)

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