Turquie-Kerry s'indigne de la mise en cause des Etats-Unis

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 (Actualisé avec nouvelles citations, contexte) 
    par Jeff Mason et Jonathan Landay 
    LUXEMBOURG, 17 juillet (Reuters) - Les déclarations 
publiques laissant entendre que les Etats-Unis portent une 
responsabilité dans la tentative de coup d'Etat menée en Turquie 
portent atteinte aux relations bilatérales, a déclaré samedi le 
secrétaire d'Etat John Kerry à son homologue turc Mevlut 
Cavusoglu.  
    Le chef de la diplomatie américaine a en outre invité les 
autorités turques à faire preuve de retenue et à respecter 
l'Etat de droit dans le cadre de l'enquête sur les putschistes, 
rapporte John Kirby, porte-parole du département d'Etat, dans un 
communiqué.  
    "Il a dit clairement que les Etats-Unis étaient prêts à 
apporter leur aide aux autorités turques dans la conduite de 
cette enquête, mais que les insinuations ou les affirmations 
publiques au sujet d'une éventuelle implication des Etats-Unis 
dans le coup d'Etat manqué sont éminemment fausses et nuisent 
aux relations bilatérales", ajoute-t-il.  
    Le président Recep Tayyip Erdogan a imputé la tentative de 
coup d'Etat à l'opposant Fethullah Gülen, réfugié aux 
Etats-Unis, qu'il accuse de longue date de noyauter les 
instances judiciaires et militaires pour le renverser, et a 
réclamé son extradition.  
    La Turquie considérera qu'elle est en guerre avec tous les 
Etats qui soutiennent Gülen, a quant à lui averti le Premier 
ministre Binali Yildirim. 
    "Nous sommes parfaitement conscients que des questions vont 
se poser au sujet de M. Gülen et nous invitons évidemment le 
gouvernement turc (...) à nous présenter les éléments à même de 
justifier un examen, que les Etats-Unis étudieront et jugeront 
de manière appropriée", a promis John Kerry.      
    A Washington, Barack Obama a de nouveau exprimé son soutien 
au gouvernement turc "démocratiquement élu" après avoir réuni 
samedi matin ses conseillers à la sécurité et aux affaires 
étrangères.  
     
    LES AVIONS AMÉRICAINS CLOUÉS AU SOL À INCIRLIK 
    "Bien que nous n'ayons pas confirmation de la présence 
d'Américains parmi les victimes des violences, le président et 
son équipe déplorent la perte de vies humaines et soulignent la 
nécessité vitale pour toutes les parties d'agir dans le cadre de 
la loi et d'éviter les actes susceptibles d'entraîner de 
nouvelles violences ou une instabilité", ajoute la Maison 
blanche.  
    Les relations bilatérales traditionnellement étroites se 
sont dégradées ces dernières années en raison des dérives 
autoritaires et des atteintes à la liberté d'expression que 
l'administration Obama reproche à Erdogan.  
    La Turquie reste toutefois un allié essentiel des 
Etats-Unis, qui utilisent la base turque d'Incirlik dans le 
cadre de la lutte contre les djihadistes de Daech, mais son 
soutien à certains mouvements islamistes qui combattent Bachar 
al Assad est vu d'un mauvais oeil à Washington, tout comme sa 
réticence à fermer la frontière aux volontaires décidés à aller 
combattre en Syrie.  
    Erdogan s'est quant à lui indigné du soutien des Etats-Unis 
aux rebelles kurdes syriens proches des séparatistes du Parti 
des travailleurs du Kurdistan (PKK). 
    La fermeture de l'espace aérien turc après le coup d'Etat 
manqué a entraîné l'interruption des opérations américaines à 
Incirlik. Les Etats-Unis oeuvrent avec les autorités turques à 
la leur reprise "dès que possible", a annoncé samedi le 
Pentagone. 
    "Dans le même temps, le Commandement central américain 
réorganise ses opérations aériennes contre le groupe Etat 
islamique afin de minimiser les conséquences sur les frappes", a 
expliqué un porte-parole. 
 
 (Dasha Afanasieva, John Walcott, Phil Stewart et David 
Brunnstrom; Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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