Turquie-Gülen dénonce le mandat d'arrêt lancé par Ankara contre lui

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 (Actualisé avec déclarations du département d'Etat américain, 
contexte) 
    WASHINGTON, 5 août (Reuters) - Le prédicateur turc Fethullah 
Gülen, qui vit en exil aux Etats-Unis depuis 1999, a dénoncé 
jeudi le mandat d'arrêt lancé à son encontre par Ankara, qui 
l'accuse d'avoir préparé le putsch manqué du 15 juillet. 
    "Il est bien connu que les tribunaux turcs ne disposent pas 
de l'indépendance judiciaire, et ce mandat est un nouvel exemple 
de la trajectoire du président (Tayyip Recep) Erdogan vers 
l'autoritarisme et contre la démocratie", a dit Fethullah Gülen 
dans un communiqué. Le prédicateur a démenti toute implication 
dans la tentative de coup militaire. 
    Les Etats-Unis sont en train d'étudier les documents envoyés 
par la Turquie en vue de l'extradition du prédicateur, a dit 
jeudi un porte-parole du département d'Etat, après l'annonce 
turque du lancement d'un mandat d'arrêt à son encontre. Il est 
accusé d'avoir "donné les instructions" aux putschistes du 15 
juillet. 
    "Les autorités turques (ont procédé à) plusieurs livraisons 
de documents à notre destination et nous sommes en train de les 
étudier", a dit le porte-parole Mark Toner. 
    La première livraison "ne constituait pas, nous pensons, une 
demande formelle d'extradition". 
    "Nous avons reçu depuis davantage de documents. Nous les 
étudions (...) et je ne pense qu'ils ont encore atteint ce 
statut", a-t-il ajouté. 
    Selon le député turc Kamil Aydin, à New York, 85 boîtes de 
documents ont été envoyées au total à la justice américaine. 
    Le département américain de la Justice est la principale 
agence chargée de déterminer si les documents envoyés permettent 
une demande d'extradition formelle du prédicateur, qui vit en 
exil en Pennsylvanie depuis 1999. 
    Les responsables turcs, et notamment le ministre des 
Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, ont prévenu que les 
relations diplomatiques seraient affectées si les Etats-Unis 
n'extradent pas Fethullah Gülen. La Turquie, membre de l'Otan, 
joue un rôle important dans le combat contre l'organisation 
djihadiste Etat islamique. 
    Washington répète que des preuves tangibles de l'implication 
de Gülen dans le coup militaire manqué du 15 juillet doivent 
être apportées avant toute extradition.  
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis jeudi 
d'assécher les revenus des entreprises liées au prédicateur 
Fethullah Gülen, qu'il qualifie de "nids de terroristes". 
  
 
 
 (Eric Beech, Lesley Wroughton et Michelle Nichols; Julie 
Carriat pour le service français) 
 
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  • M4189758 il y a 4 mois

    JPi - Il devrait lui dire que c'est la faute à Mustafa Kemal Atatürk