Turquie-Erdogan promet la mobilisation contre les terroristes

le
0
 (Actualisé avec déclaration Erdogan) 
    par Humeyra Pamuk et Nick Tattersall 
    ISTANBUL, 21 mars (Reuters) - La Turquie emploiera toute sa 
puissance militaire et ses moyens de renseignement pour 
combattre "l'une des plus importantes et des plus meurtrières 
vagues terroristes de son histoire", a affirmé le président 
Recep Tayyip Erdogan après l'attentat suicide qui a coûté la vie 
à trois Israéliens et un Iranien à Istanbul samedi. 
    "Notre Etat combat des organisations terroristes et les 
forces qui les soutiennent avec tous les moyens à sa 
disposition, ses soldats, sa police, ses gardes municipaux et 
ses services de renseignement", a dit Erdogan dans un discours 
prononcé à Istanbul, lundi. 
    Cette vague d'attaques terroristes suscite des inquiétudes 
sur le plan intérieur et des interrogations parmi les alliés de 
l'Otan quant à la capacité de l'armée turque à combattre sur 
deux fronts. 
    Les critiques font valoir que la lutte relancée par Erdogan 
contre les séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan 
(PKK) dans le sud-est de la Turquie s'accomplit aux dépens de la 
guerre contre l'Etat islamique (EI). 
    Deux des récents attentats perpétrés à Istanbul ont été 
imputés aux djihadistes tandis que deux autres commis à Ankara 
ont été revendiqués par des activistes kurdes. 
    Erdogan affirme que le PKK et l'EI travaillent de concert et 
ont décidé de s'en prendre à la Turquie parce ces deux 
organisations ont échoué dans leurs entreprises en Syrie. 
     
    POLITIQUE AVENTUREUSE 
    Pour la principale formation de l'opposition turque, le 
Parti républicain du peuple (CHP), la situation actuelle 
s'explique par la politique étrangère menée par la Turquie, 
qualifiée d'ingérence pro-sunnite en Syrie. 
    "Ce que nous subissons actuellement est le résultat de la 
politique instable, contradictoire, utopique et aventureuse du 
parti AKP au Proche-Orient", a estimé Engin Altay, 
vice-président du groupe parlementaire du CHP. 
    Une demi-douzaine de journaux turcs publient lundi les 
portraits de trois membres présumés de l'Etat islamique 
soupçonnés de préparer de nouveaux attentats suicide, au 
surlendemain de celui qui a coûté la vie à trois Israéliens et à 
un Iranien, à Istanbul. 
    L'attentat suicide commis samedi matin rue Istiklal, longue 
artère piétonnière bordée de commerces et de représentations 
diplomatiques, est le quatrième depuis le début de l'année en 
Turquie. Les deux survenus à Istanbul ont été imputés aux 
djihadistes de l'EI et les deux autres, à Ankara, ont été 
revendiqués par des séparatistes kurdes.  
    Selon la presse, les trois suspects dont les portraits sont 
publiés lundi ont pour instruction d'en commettre d'autres, en 
premier lieu à Istanbul.  
    "Toutes les unités de la police provinciale ont pris des 
mesures pour tenter de capturer les trois terroristes soupçonnés 
d'appartenir à l'Etat islamique et de préparer des attentats de 
grande envergure", écrit l'agence de presse nationale Anatolie, 
citant des sources proches des services de sécurité.  
    La Turquie s'est lancée en juillet dans ce que le président 
Recep Tayyip Erdogan a qualifié de "guerre synchronisée" contre 
les djihadistes et les séparatistes kurdes du sud-est du pays, 
qui sont selon lui galvanisés par les succès militaires de leurs 
homologues syriens. 
      
 
 (Humeyra Pamuk, Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant