Turquie-Erdogan ferme des écoles et ONG, neveu de Gülen arrêté

le , mis à jour à 23:09
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    * Un neveu de Gülen interpellé à Erzurum 
    * La présidence annonce l'arrestation du bras droit de Gülen 
    * La Garde présidentielle va être démantelée 
    * Réunion avec une instance supérieure de l'armée avancée à 
jeudi 
    * La durée de la garde à vue portée de quatre à trente jours 
 
 (Actualisé avec projet de dissolution de la garde 
présidentielle) 
    par Gareth Jones et Ercan Gurses 
    ISTANBUL, 23 juillet (Reuters) - Le président turc Recep 
Tayyip Erdogan a renforcé un peu plus son emprise sur la 
Turquie, samedi, en ordonnant la fermeture de  milliers d'écoles 
privées, d'organisations caritatives et autres institutions, 
dans le cadre du premier décret depuis l'instauration de l'état 
d'urgence consécutive au putsch avorté du 15 juillet. 
    Les autorités ont en outre placé en détention provisoire un 
neveu de Fethullah Gülen, le prédicateur en exil aux Etats-Unis 
accusé par Ankara d'être l'instigateur du putsch manqué. 
    La présidence turque a annoncé aussi, samedi soir, 
l'arrestation de Halis Hanci, présenté comme le bras droit de  
Fethullah Gülen. Il serait arrivé en Turquie deux jours avant le 
coup de force, a dit un responsable de la présidence à la 
presse. 
    Hasan Karakus, le pilote qui lors de la tentative de putsch 
a bombardé le siège du commandement des forces spéciales à 
Ankara et tué 42 policiers, a également été arrêté, a ajouté ce 
responsable. 
    Une réorganisation de l'armée, institution naguère 
intouchable en Turquie, est imminente, une réunion prévue entre 
Erdogan et le Conseil militaire suprême (YAS, organe présidé par 
le Premier ministre qui supervise les forces armées) ayant été 
avancée de plusieurs jours et fixée désormais à jeudi. 
    La réunion du YAS, qui a lieu d'ordinaire au mois d'août, se 
tiendra cette fois-ci au palais présidentiel et non comme 
d'habitude au siège de l'état-major général des forces armées. 
    Les écoles et autres institutions sont soupçonnées par les 
autorités turques d'avoir des liens avec la mouvance de Gülen, 
qui a de nombreux adeptes en Turquie. Le prédicateur dément 
toute implication dans la tentative de putsch, qui a fait au 
moins 246 morts. 
     
    DURÉE DE DÉTENTION PROVISOIRE PROLONGÉE 
    Son neveu, Muhammed Sait Gülen, a été interpellé à Erzurum 
dans le nord-est de la Turquie et doit être transféré dans la 
capitale Ankara pour y être interrogé, rapporte l'agence de 
presse officielle turque Anatolie. Il pourrait être inculpé 
d'appartenance à une organisation terroriste, ajoute l'agence. 
C'est la première fois que l'arrestation d'un membre de la 
famille de Gülen est signalée depuis l'échec du putsch. 
    Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a déclaré samedi 
que la Turquie ne comptait pas prolonger l'état d'urgence 
au-delà d'une période de trois mois, tout en ajoutant qu'elle 
pourrait le faire si cela s'avère nécessaire. 
    "Notre objectif, c'est de ne pas le prolonger, mais si la 
nécessité s'en fait sentir, il pourra bien sûr être prorogé", 
a-t-il dit dans une interview à la chaîne de télévision ATV.     
    Binali Yidirim a annoncé aussi que les autorités comptaient 
démanteler la Garde présidentielle. 
    Le premier décret signé par le président turc ordonne la 
fermeture de 1.043 écoles privées, 1.229 organisations et 
fondations caritatives, 19 syndicats, 15 universités et 35 
établissements médicaux liés à Fethullah Gülen.  
    Dans ce décret, rendu public par Anatolie, Erdogan a d'autre 
part porté de quatre à 30 jours la période durant laquelle les 
suspects peuvent être gardés en détention provisoire. 
    Erdogan, qui réclame depuis des mois l'extradition de 
Fethullah Gülen, a renouvelé sa demande auprès de Washington 
après le putsch raté.  
    "Nous allons transmettre les documents (de preuve) par voie 
électronique et d'ici une dizaine de jours, au travers de cette 
procédure judiciaire, au travers des premiers aveux que nous 
avons recueillis, nous allons vous envoyer tous les documents 
que vous demandez", a-t-il dit à l'adresse des Etats-Unis dans 
une interview à France 24. "S'il le faut je vous enverrai mon 
ministre des Affaires étrangères, mon ministre de la Justice, 
mon représentant spécial." 
 
 (Gareth Jones, avec Chine Labbé à Paris; Jean-Stéphane Brosse 
et Eric Faye pour le service français) 
 
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