Turquie : des élections pour rien ?

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Recep Tayyip Erdogan aux cérémonies officielles de commémoration du 92e anniversaire de la proclamation de la République le 29 octobre. 
Recep Tayyip Erdogan aux cérémonies officielles de commémoration du 92e anniversaire de la proclamation de la République le 29 octobre. 

Rarement, la Turquie aura connu de Fête de la République aussi morose. Pour le 92e anniversaire de l'indépendance du pays, proclamée en 1923 par le père de la nation Mustafa Kemal Atatürk, les esprits étaient ailleurs. Probablement tournés vers le 1er novembre, jour d'élections législatives. Mais cinq mois seulement après le dernier scrutin qui a mené le pays dans l'impasse, les Turcs ne placent guère d'espoir dans le vote de dimanche censé remettre le pays sur les rails.

À trois jours du vote, la campagne électorale a connu une nouvelle péripétie qui augure mal de la suite. En moins de 48 heures, le pouvoir turc a pris le contrôle manu militari de la holding Koza Ipek, jugée proche de la mouvance de Mustapha Gülen ? bête noire du président Erdogan ?, et a fait taire ses organes de presse, rayant ainsi de la carte médiatique turque les chaînes Bugün TV ou KanalTürk. Un nouveau coup de force qui marque un peu plus le tour de vis de la Turquie d'Erdogan (149e sur 180 dans le classement des libertés de la presse) contre la presse d'opposition.

L'opposition privée de l'accès aux grands médias

Un musellement grandissant (censure, descente de police, poursuites judiciaires, passage à tabac de journaliste, etc.) qui aura, pour bon nombre d'observateurs, un impact sérieux sur le scrutin de dimanche. La mainmise du gouvernement sur une partie importante de la presse turque inquiète notamment l'opposition politique qui se...

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