Turquie-Début des négociations sur un gouvernement de coalition

le
0

par Ercan Gurses ANKARA, 14 juillet (Reuters) - Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a lancé lundi les discussions sur la formation d'un gouvernement de coalition après avoir demandé aux partis d'opposition de ne pas remettre en question le rôle du président Recep Tayyip Erdogan dans le processus politique. Les partis d'opposition ont fait savoir que, pour qu'ils participent à un gouvernement, ils souhaitaient avoir l'assurance que le président Erdogan restera en dehors de la politique au quotidien. Cela constitue un camouflet pour le chef de l'Etat qui veut transformer la fonction présidentielle, largement honorifique, en un poste aux larges pouvoirs exécutifs. L'AKP, le parti islamo-conservateur qu'il a fondé, a perdu la majorité au Parlement lors des élections législatives du 7 juin, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2002, ce qui le contraint à rechercher un partenaire de coalition. En l'absence d'accord, de nouvelles élections devront être organisées. Malgré les appels réitérés de Recep Tayyip Erdogan à la formation rapide d'un nouveau gouvernement, certains observateurs estiment que le président et l'AKP pourraient avoir intérêt à l'échec des discussions et la tenue d'un nouveau scrutin. Un sondage commandé par l'AKP et cité ce week-end par le journal Yeni Safak, pro-gouvernemental, a montré que 5% des électeurs ne soutiendraient pas une nouvelle fois les partis d'opposition en cas d'élection anticipée, ce qui suggère que l'AKP pourrait remporter suffisamment de sièges pour former à lui seul un gouvernement. Ahmet Davutoglu, un vétéran de l'AKP, a tenu lundi une première série de consultations avec Kemal Kilicdaroglu, le président du Parti républicain du peuple (CHP, gauche laïque). Selon le Premier ministre, les discussions ont été "sincères" et amicales. Il a ajouté que lui et Kemal Kilicdaroglu avaient mis l'accent sur la nécessité de former rapidement un gouvernement de coalition solide. Davutoglu avait auparavant indiqué aux partis d'opposition, qui veulent que Recep Tayyip Erdogan cesse de présider le conseil des ministres, que rejeter un rôle actif du président vouerait les discussions à l'échec. "Ouvrir la question de la légitimité de notre président ou la respectabilité de ses services conduirait au sabotage des discussions de coalition dès le départ", a déclaré le Premier ministre selon le quotidien Milliyet. (Avec Ayla Jean Yackley; Danielle Rouquié pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant