Turquie-Chasse à l'homme vers Marmaris pour retrouver des putschistes

le , mis à jour à 21:52
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 (Actualisé avec arrestation de généraux à Dubaï) 
    par Daren Butler et Orhan Coskun 
    ISTANBUL/ANKARA, 26 juillet (Reuters) - Des unités des 
forces spéciales turques, appuyées par des hélicoptères, des 
drones et la marine, étaient lancées mardi à la recherche d'un 
groupe de putschistes en fuite, qui auraient cherché à capturer 
ou à tuer le président Recep Tayyip Erdogan lors de la tentative 
de putsch du 15 juillet. 
    Un millier de membres des forces de sécurité sont mobilisés 
dans la recherche de onze militaires sur les hauteurs 
environnant la station balnéaire de Marmaris, au bord de la 
Méditerranée, où le chef de l'Etat était en vacances le soir du 
putsch manqué, ont rapporté des responsables turcs. 
    Ces onze soldats faisaient partie d'un commando qui avait 
attaqué l'hôtel où séjournait Erdogan, lequel venait cependant 
de quitter les lieux et de prendre un avion à destination 
d'Istanbul. Sept autres membres de ce commando ont été arrêtés 
lundi à un poste de contrôle de la police. 
    "C'était une tentative d'assassinat contre Erdogan et nous 
prenons les choses très au sérieux. Les recherches se 
poursuivent à Marmaris et dans les zones environnantes, avec un 
millier de membres des forces de sécurité, a dit un responsable 
turc. "La chasse à l'homme continuera jusqu'à ce qu'ils soient 
retrouvés." 
    Dans le même temps, les purges se sont poursuivies mardi à 
travers le pays et la Direction des affaires religieuses a 
relevé de leurs fonctions 620 autres fonctionnaires, dont des 
prédicateurs et des enseignants d'écoles coraniques, ce qui 
porte à plus de 1.100 le nombre de ses salariés mis à pied 
depuis le coup de force. 
     
    UN TIERS DES GÉNÉRAUX ARRÊTÉS 
    Le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a 
déclaré que deux ambassadeurs de Turquie, actuellement à Ankara, 
avaient été limogés. L'ancien gouverneur d'Istanbul Huseyin Avni 
Mutlu a été interpellé et son domicile perquisitionné. 
    "Il n'existe aucune institution que cette structure n'avait 
infiltrée", a déclaré le ministre de l'Energie et gendre 
d'Erdogan, Berat Albayrak, dans une interview télévisée, en 
faisant allusion au mouvement Hizmet, du prédicateur en exil 
Fethullah Gülen, en qui le pouvoir turc voit l'instigateur du 
putsch. 
    "Chaque institution doit être examinée et va l'être", a-t-il 
assuré. 
    Jusqu'à présent, depuis l'échec du coup de force, plus de 
60.000 soldats, policiers, juges et fonctionnaires ont été 
arrêtés, suspendus ou placés sous enquête. 
    Un tiers des quelque 360 généraux turcs ont été arrêtés 
depuis le 15 juillet, et plus de 100 d'entre eux ont d'ores et 
déjà été inculpés. 
    Deux généraux turcs basés en Afghanistan ont été arrêtés à 
Dubaï, a rapporté mardi un responsable turc. Il s'agit du 
général Cahit Bakir, l'un des commandants des troupes turques 
servant au sein de la force de sécurité internationale en 
Afghanistan, et du général Sener Topuc. 
    Le parlement turc a mis sur pied mardi une commission, 
soutenue par l'ensemble des partis politiques, chargée 
d'enquêter sur le putsch manqué et de démêler comment, d'après 
les autorités, le mouvement de Gülen a infiltré les institutions 
et mené à bien ce coup de force. 
    "Les dépositions des accusés sont prises actuellement. 
Beaucoup d'informations et documents sont recueillis. Ces 
témoignages nous fourniront un grand nombre de renseignements 
sur l'influence du mouvement güleniste au sein de la Turquie", a 
déclaré le ministre de la Justice, Bekir Bozdag, lors des 
discussions en commission. 
 
 (Eric Faye pour le service français) 
 
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