Turquie : bras de fer entre Bruxelles et Ankara

le , mis à jour à 07:37
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Turquie : bras de fer entre Bruxelles et Ankara
Turquie : bras de fer entre Bruxelles et Ankara

La tension monte depuis plusieurs mois, mais elle a atteint hier un niveau inhabituel. Le Parlement européen (et notamment les quatre principaux groupes représentés dans l'hémicycle : conservateurs, socialistes, libéraux et Verts) a en effet voté une résolution appelant à un gel temporaire du processus d'adhésion de la Turquie à l'Union.

 

« Nous sommes face à une situation dramatique où des Turcs sont privés des droits les plus élémentaires dans leur pays », justifie Sylvie Goulard, une députée européenne ADLE (mouvement démocrate, centre droit), qui s'est toujours opposée à l'adhésion de la Turquie.

 

Même si le texte n'est pas contraignant (l'approbation de chaque Etat est nécessaire), la crise est grave. « C'est la plus violente qui ait jamais éclaté depuis l'ouverture des négociations d'adhésion en 2005 », souligne Didier Billion, directeur de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). Le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik, a qualifié hier de « nulle et non avenue » cette résolution.

 

A l'origine de cette crispation, la crise migratoire et l'accord donnant-donnant que l'Europe, selon la Turquie, n'aurait pas respecté (un rôle accru d'Ankara dans la gestion des migrants contre une aide de 6 Mds€ et une libéralisation des visas pour les Turcs). Ce sont aussi les conséquences du coup d'Etat raté de juillet dernier. « Le président turc Erdogan estime que l'Europe ne l'a pas assez soutenu et aurait même été complice en protégeant les Kurdes du PKK », commente Didier Billion.

 

Le risque d'une rupture est réel

 

La Commission européenne n'a pas manifesté son intention de donner suite à la résolution du Parlement, mais le risque d'une rupture est réel. Erdogan lui-même joue le rapport de force et fait mine de vouloir rompre. Pour renforcer encore ses pouvoirs, il pourrait aussi s'allier avec l'extrême droite, favorable au rétablissement ...

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  • V.BENACE il y a une semaine

    Pourquoi ne pas étendre à la Turquie les sanctions économiques prises contre la Russie?