Turquie : à Diyarbakir, l'ombre des armes plane sur les élections

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Le 30 octobre 2015, un groupe d?habitants défile dans les rues de Diyarbakir en soutien au Parti démocratique des peuples (HDP) et à son leader charismatique Selahattin Demirta.
Le 30 octobre 2015, un groupe d?habitants défile dans les rues de Diyarbakir en soutien au Parti démocratique des peuples (HDP) et à son leader charismatique Selahattin Demirta.

Ce samedi, au quartier général du HDP, on sonne le branle-bas de combat. Le Parti démocratique des peuples n'a alors plus que quelques heures pour finir de convaincre les habitants de Diyarbakir, la capitale des régions kurdes de Turquie, de lui apporter à nouveau son soutien lors des législatives de dimanche. Il y a du monde dans les couloirs et les petites mains du parti s'activent. Altan Tan, député et figure historique de la cause kurde, apparaît furtivement, serre quelques mains, puis s'engouffre dans une salle de réunion.

Personne n'échappe à la fouille à l'entrée, pas même la presse étrangère. Le parti est en état de siège. Chacun égraine ses souvenirs, de l'attaque du meeting de Diyarbakir deux jours avant les élections (5 morts), à l'attentat suicide de Suruç qui a fauché 32 jeunes en partance pour Kobané, en passant par le chaos d'Ankara où 102 militants de gauche ont perdu la vie.

Mais « ce n'est pas seulement dans ces trois villes que les violences ont eu lieu », rappelle Sibel Yigitalp, députée du HDP, au beau milieu de son marathon médiatique. Depuis juin, « plus de 400 bureaux du parti ont été attaqués à travers le pays et par-dessus le marché, de nombreux collègues ont été arrêtés dans la région. Les militants ont peur d'aller dans les rues », déplore-t-elle. « Nous, on paie nos impôts, on fait le service militaire, comme tout le monde dans le pays, et tout ce qu'on reçoit en retour, ce sont...

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