Tunisie : les victimes réclament justice

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Le 27 décembre 2010, à Sidi Bouzid, des manifestants font face aux forces de l'ordre. La répression fera plus de 2 000 victimes.
Le 27 décembre 2010, à Sidi Bouzid, des manifestants font face aux forces de l'ordre. La répression fera plus de 2 000 victimes.

Elmy a 59 ans. Ancien militaire, membre du Mouvement de la tendance islamique, devenu Ennahda, il a été emprisonné à deux reprises sous le régime de Ben Ali. Grâce à un décret-loi de 2011, qui permet à des victimes de l'ancien régime d'intégrer la fonction publique, il a enfin trouvé du travail, comme "simple secrétaire" dans un ministère. C'est encore trop pour toute une partie de la population tunisienne, qui a vu dans cette mesure une manière pour le parti islamiste de favoriser "ses" victimes."On ne veut pas entrer dans cette polémique. Une victime est une victime. Notre problème, c'est l'État et l'ancienne machine qui est toujours là, pas le fait de savoir à qui appartient telle ou telle victime", plaide Houcine Bouchiba, le président de l'association pour les anciens prisonniers politiques El Karama. "Rien de tout cela ne doit se reproduire", répète-t-il. Il espère beaucoup de la justice transitionnelle, qui doit réparer les dommages causés par la dictature et la répression de la révolution, mais craint, une fois le processus enclenché, un "achat" des victimes par les coupables contre leur silence.Achat et instrumentalisation des victimesCette justice transitionnelle, qui doit permettre de tourner la page des années Bourguiba et Ben Ali, peine à voir le jour en Tunisie. Adoptée tard dans la soirée du 14 décembre, la loi veut favoriser la recherche de la vérité et mettre les victimes au coeur du processus. Elle prévoit la...

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