Tunisie : les soldats perdus du djihadisme

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Une émeute d'islamistes radicaux à Sousse, le 12 juin 2012, en réaction à une exposition jugée offensante.
Une émeute d'islamistes radicaux à Sousse, le 12 juin 2012, en réaction à une exposition jugée offensante.

C'est en écoutant la radio que Rachid Saadi a appris l'arrestation de son fils. "Je ne savais même pas qu'il était en Tunisie. Je croyais qu'il était en Syrie", avoue-t-il, en conduisant. Ce jour-là, en costume, le visage tiré par la fatigue, ce fonctionnaire vivant à Zaghouan, à 50 kilomètres au sud de la capitale, se rend à la brigade criminelle de Gorjani à Tunis, où son fils, Aymen, est détenu. Arrêté le 30 octobre à Monastir, Aymen, 17 ans au moment des faits, est soupçonné d'avoir voulu faire exploser le mausolée de Habib Bouguiba, ancien président et père de l'Indépendance. Dans son sac, "une petite charge de TNT", selon les autorités.

"On était devenu Satan pour lui"

"Il a été frappé. Son visage est gonflé. Un oeil est bleu. Il a des contusions", déclare Rachid, quelques minutes après avoir vu son fils. Hayet, sa femme, craint "qu'il avoue des choses qu'il n'a pas faites" et espère que ses droits seront respectés. "Il voulait être médecin ou architecte. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé", pleure cette institutrice. De manière décousue, ils racontent l'histoire d'Aymen, "un enfant brillant" qui a "changé il y a un peu plus d'un an".

En mars, il a tenté d'aller en Libye. Mineur et sans l'autorisation de son père, il n'a pas pu franchir la frontière. "La police n'a même pas cherché à savoir d'où venaient les 1 400 dollars qu'il avait sur lui ni qui était le Libyen qui l'attendait de l'autre côté de la...

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