Tunisie : le dialogue ou le chaos

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Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste tunisien Ennahda.
Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste tunisien Ennahda.

Si les islamistes d'Ennahda tiennent parole, ils auront abandonné le pouvoir en Tunisie à la fin du mois d'octobre. Ils ont promis de quitter le gouvernement de coalition qu'ils dirigent depuis leur victoire aux législatives du 23 octobre 2011. Une victoire d'une courte tête qui les avait obligés à gouverner au sein d'une troïka, aux côtés de deux petits partis modernistes. Pour les islamistes tunisiens, c'est un formidable échec après deux ans de pouvoir. Et pour les Frères musulmans, dont Ennahda est proche, même si ses responsables affirment qu'ils ont, eux, opté pour la démocratie et la modernité et n'ont plus de liens avec les Frères, c'est un second coup dur après celui qu'ils ont reçu en Égypte, en juillet.

Certes, ce n'est pas, comme en Égypte, l'armée qui a obligé les islamistes tunisiens à accepter de démissionner. Les coups d'État ne font pas partie de l'histoire de l'armée tunisienne, qui a toujours été apolitique. Ennahda va être poussé dehors par le ras-le-bol d'une large partie de la population. Car les islamistes ont doublement échoué. Politiquement, d'abord. En deux ans de pouvoir, Ennahda n'a pas été capable de mettre sur pied un véritable programme de gouvernement, ni de ramener la sécurité (même si elle s'est améliorée), ni de tenir en lisière les salafistes (qui ont assassiné deux responsables politiques de gauche en six mois, dont un député), ni même de finaliser un projet de constitution capable de...

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