Tunisie : «L'ouverture, une stratégie pour diviser les modernistes»

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INTERWIEW - Faouzi Marrouchi, ancien élève de l'ENA, est professeur de droit international à Tunis et politologue. Alors que se termine le congrès d'Ennahda à Tunis, il explique les tensions au sein du parti islamiste au pouvoir.

LE FIGARO. - Quelle est la ligne idéologique actuelle d'Ennahda?

Faouzi MARROUCHI. - Ennahda est en train d'enlever le chapeau de la religion pour s'avancer vers une adhésion à un État «civique». Il y a deux clans dans ce parti: le clan anglophone, représenté par des personnalités telles que Rached Ghannouchi, longtemps exilé en Angleterre, et qui tente de concilier droits de l'homme et héritage islamique ; l'autre clan est composé des nahdaouis qui étaient en prison ou sous contrôle administratif en Tunisie. Ces derniers sont plus conservateurs, ils cherchent à adapter les valeurs musulmanes, mais sans heurter les valeurs positivistes de la société tunisienne. Du temps de la dictature, il y avait un double conseil consultatif du parti (la choura), l'un à l'étranger, l'autre, clandestin, en Tunisie. Pour la première fois après ce congrès, la choura sera réunifiée.

Ne pas inscrire la charia dans la Constitution, est-ce un recul tactique ou un vrai aggiornamento...

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