Tunisie : incidents après la condamnation d'un rappeur à deux ans de prison

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Tunisie : incidents après la condamnation d'un rappeur à deux ans de prison
Tunisie : incidents après la condamnation d'un rappeur à deux ans de prison

Deux ans de prison ferme pour avoir insulté la police dans une chanson. Des protestations ont éclaté jeudi à Ben Arous, banlieue de Tunis, après la condamnation du rappeur Alaa Yacoub (Weld El 15). A l'annonce du verdict, des cris se sont élevés dans la salle d'audience et la police est intervenue brutalement pour évacuer des artistes et amis du rappeur, certains étaient pourchassés et tabassés à l'extérieur du tribunal.

Un gaz irritant s'est répandu aux alentours du tribunal, mais il n'était pas possible d'en déterminer l'origine, la police accusant les amis du rappeur d'en avoir fait usage. «Le jugement rendu est très sévère pour un artiste qui a décidé de se livrer de son propre gré à la justice», a réagi de son côté l'avocat principal de la défense Me Ghazi Mrabet. «C'est d'autant plus injuste qu'il n'existe aucun texte pour réprimer un travail artistique», a-t-il ajouté.

Le musicien avait été condamné par contumace en mars à deux ans de prison ferme après la diffusion sur YouTube d'un clip intitulé «Boulicia Kleb» (Les policiers sont des chiens). Le rappeur ayant décidé de se rendre à la justice, un nouveau procès avait été organisé. Mais avant l'audience, l'artiste avait exprimé sa peur du système judiciaire : «J'ai peur parce que dans un pays comme la Tunisie la loi n'est pas appliquée, on peut s'attendre à tout», avait confié Ala Yaâcoubi, dit «Weld El 15».

Il risquait jusqu'à 7 ans de prison

«J'ai utilisé dans la chanson les mêmes termes dont la police use pour parler des jeunes. La police doit respecter les citoyens si elle veut être respectée», avait estimé Weld El 15. «Il n'y a aucune raison ou fondement juridique pour me mettre en prison», avait-il poursuivi. Selon son avocat Ghazi Mrabet, le musicien avait été inculpé notamment de «complot pour commettre des violences contre des fonctionnaires» et «d'outrage à la police». Il risquait jusqu'à sept ans de ...

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