Tunisie-Essebsi admet des défaillances, un djihadisme croissant

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PARIS, 21 mars (Reuters) - Le président tunisien reconnaît dans une interview à paraître jeudi dans Paris Match des "défaillances" des services de sécurité qui assuraient la protection du musée du Bardo, où un commando de djihadistes a abattu mercredi 21 personnes. Béji Caïd Essebsi admet également une montée du radicalisme islamiste en Tunisie et estime à environ 10.000 le nombre de Tunisiens qui sont partis faire le djihad, notamment en Syrie et en Libye, ou ont tenté de le faire. "Il y a eu des défaillances", dit-il à propos de l'attentat de mercredi dernier qui a été revendiqué par l'Etat islamique. "Nos services de sécurité ont réagi de manière très efficace (...), évitant certainement des dizaines de morts supplémentaires si les terroristes avaient pu déclencher leurs ceintures d'explosifs. Mais, en amont, la police et le renseignement n'ont pas été assez systématiques pour assurer la sécurité du musée." Il fait valoir que l'administration de son pays a été affaiblie et désorganisée par quatre ans de "mauvaise gouvernance" depuis le renversement du président Zine Ben Ali. Il explique par un "vrai laxisme" des autorités tunisiennes avant son élection la situation économique et sociale "dramatique" de beaucoup de Tunisiens et par la guerre civile en Libye la montée du radicalisme islamiste dans son pays. "La Tunisie demeure un havre de démocratie mais ce n'est plus un havre de paix", dit-il. "Dans la jeunesse dés½uvrée, souvent désespérée, l'appel djihadiste a fonctionné." Selon Béji Caïd Essebsi, 4.000 Tunisiens ont rejoint le djihad en Syrie, en Libye ou ailleurs et environ 500 sont déjà revenus en Tunisie, "où ils posent un défi". "Sans parler des cinq ou six mille autres que nous avons réussi à empêcher de partir", précise le président tunisien. "Mais nous sommes en train de nous ressaisir. Les réformes vont être très rapides, nous allons mettre les bouchées doubles", assure-t-il. Il précise que sa principale ambition est d'améliorer la situation économique de la population. "Lorsque les gens retrouveront espoir, l'islam radical se résorbera", estime le chef de l'Etat tunisien. "Mais il y a aussi l'éducation et les valeurs (...) C'est d'ailleurs le principal engagement de mon mandat : faire entrer mon pays dans le XXIe siècle, irrévocablement." (Emmanuel Jarry, édité par Guy Kerivel)

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