Tunisie-Attaque islamiste à Ben Guerdane, 50 morts

le , mis à jour à 16:36
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    * La Tunisie boucle la station balnéaire de Djerba 
    * Deux postes-frontière avec la Libye sont également fermés 
    * Les assaillants ont dit appartenir à l'EI, selon un témoin 
 
 (Bilan actualisé, déclarations de Caïd Essebsi) 
    par Tarek Amara 
    TUNIS, 7 mars (Reuters) - Un commando d'islamistes armés a 
attaqué tôt lundi des casernes de police et de l'armée à Ben 
Guerdane, ville du sud-est de la Tunisie proche de la frontière 
libyenne, où les fusillades ont fait au moins 50 morts selon un 
nouveau bilan du ministère de l'Intérieur. 
    Trente-trois assaillants ont été tués, de même que dix 
membres des forces de sécurité et sept civils, précise le 
ministère. 
    A la suite de cette attaque, les autorités ont imposé dans 
la ville un couvre-feu nocturne, qui sera en vigueur de 19h00 à 
05h00 locales, a annoncé le ministère de l'Intérieur.  
    "J'ai vu un grand nombre d'activistes à l'aube, qui 
couraient avec leurs kalachnikovs", a dit à Reuters un habitant, 
Hussein, par téléphone. "Ils disaient qu'ils étaient de l'Etat 
islamique (EI) et qu'ils venaient attaquer l'armée et la 
police", a-t-il expliqué. 
    Le ministère de l'Intérieur a invité les habitants à rester 
chez eux tandis que les fusillades se poursuivaient dans le 
centre de Ben Guerdane, ville d'environ 60.000 habitants à une 
trentaine de kilomètres de la frontière libyenne. 
    En outre, rapporte l'agence de presse tunisienne TAP, les 
autorités ont bouclé la station balnéaire de Djerba, non loin de 
là, et fermé deux postes-frontières avec la Libye. 
    "C'est une attaque sans précédent et très bien organisée", a 
déclaré à la radio le président Béji Caïd Essebsi. "Mais la 
population du Sud peut avoir confiance dans l'armée et la police 
qui triompheront de cette barbarie qui vient de l'autre côté de 
la frontière." 
    Des islamistes entraînés en Libye ont mené plusieurs 
attaques d'envergure en Tunisie l'année dernière, dont 
l'attentat contre le musée du Bardo, à Tunis, et dans la station 
balnéaire de Sousse. 
    Face à la menace, le gouvernement de Tunis a accru les 
mesures de sécurité à la frontière pour tenter de les empêcher 
de la franchir. Une tranchée a ainsi été creusée le long de sa 
frontière et des conseillers militaires occidentaux ont 
entrepris de former les unités de garde-frontières tunisiens. 
    "Si l'armée n'avait pas été prête, les terroristes auraient 
pu hisser leur drapeau à Ben Guerdane et auraient remporté une 
victoire symbolique", a dit Abdelhamid Jelassi, vice-président 
du parti islamiste Ennahda, qui fait partie de la coalition au 
pouvoir à Tunis. 
    Plus de 3.000 Tunisiens sont partis combattre dans les rangs 
du groupe Etat islamique (EI) et au sein d'autres organisations 
djihadistes en Syrie et en Irak. Les responsables des services 
de sécurité tunisiens parlent de plus en plus de retours de ces 
djihadistes, qui rejoignent des groupes islamistes en Libye et 
franchissent clandestinement la frontière tunisienne. 
    A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a 
estimé que cette nouvelle attaque menée "par des terroristes 
venant du territoire libyen" renforçait "l'urgence d'une 
solution politique en Libye". 
 
 (Tarek Amara avec Simon Carraud à Paris; Eric Faye, 
Henri-Pierre André et Nicolas Delame pour le service français) 
 
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